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Protéines végétales/Start-up Algama explore les applications alimentaires des micro-algues

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La start-up d’Evry met au point des recettes qui intègrent les micro-algues, notamment la spiruline, sources de protéines et d’antioxydants. Ses trois fondateurs ont levé 3,5 millions d’euros auprès d’Horizons Ventures, le fonds du milliardaire Li Ka-Shing.

"Les micro-algues ont des vertus étonnantes, mais elles présentent des caractéristiques organoleptiques qui les rendent difficiles à ingérer à l’état brut", explique Matthieu Gonçalves, cofondateur d’Algama. Partant de ce constat, l’idée est venue aux trois amis d’enfance, Alvyn Severien, Gaëtan Gohin et Mathieu Gonçalves, de trouver des solutions pour rendre les micro-algues agréables en termes de goût et d’odeur, et donc pouvoir les intégrer dans les aliments préparés. "Nous travaillons sur la sélection des meilleures souches de micro-algues et sur le process industriel afin qu’elles conservent toutes leurs qualités nutritionnelles", poursuit Matthieu Gonçalves. Par exemple, les micro-algues ne doivent pas être chauffées afin de conserver toutes leurs vertus.

Depuis la fondation de l’entreprise, en 2013, deux produits ont été mis au point. Une boisson fonctionnelle à base de spiruline, portant la marque Springwave, qui a remporté un prix de l’innovation lors de la précédente édition du Sial. "Springwave a été en test dans deux thalassothérapies du groupe Accor", explique le cofondateur. Les retours sont "très positifs", mais elle n’est pas encore présente dans le commerce à grande échelle. Le deuxième produit est une mayonnaise 100 % végétale. "Nous avons remplacé les œufs par de la micro-algue", explique Matthieu Gonçalves. Résultat : une sauce avec seulement 30 % de matières grasses, qui convient aux adeptes de la cuisine allégée, aux allergiques aux œufs et aux végans. Une dizaine de produits sont en projets, dont trois ou quatre à l’état de prototypes qui pourraient être concrétisés dans les deux prochaines années.

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Toutefois, le recours à la spiruline se heurte à plusieurs obstacles : sa méconnaissance des consommateurs (à l’exception de certains sportifs et des végans), son association à un goût peu agréable, et le coût de la matière première. La production est localisée au Tchad, en Inde et aux Etats-Unis, notamment en Californie et à Hawaï. Une production française existe aussi, mais encore à un stade très limité. "Si la production devenait intensive, alors nous pourrions avoir une matière première meilleur marché", explique Matthieu Gonçalves. Aujourd’hui, seules trois micro-algues sont autorisées pour l’alimentation humaine (la spiruline, la chlorelle et l’odontella). Les allégations de santé font l’objet d’un dossier en cours d’instruction auprès des autorités européennes.

Les premiers résultats d’Algama n’ont pas échappé au milliardaire hongkongais Li Ka-Shing (vingtième fortune mondiale d’après le classement 2016 Forbes) qui a investi 3,5 millions d’euros en mai 2016, par l’intermédiaire de son fonds Horizons Ventures. Algama, qui était conseillé par Watson Farley & Williams LLP, va consacrer ce financement à la recherche et développement. Le laboratoire basé au Génopôle d’Evry compte sept salariés, et devrait s’enrichir de nouveaux collaborateurs pour arriver à une dizaine dans l’idéal. Le développement international est l’autre axe de développement de la start-up. Depuis quatre mois, Algama a ouvert un bureau à New York et recherche de nouveaux partenaires. L’essentiel de l’activité reste toutefois basé en France entre Evry pour le laboratoire et Paris (au sein de l’incubateur Paris Smart Food) pour le marketing.