En conférence de presse le 13 novembre, le Snia (fabricants privés d’aliments) a argumenté en faveur d’un report de douze mois de l’application du règlement européen contre la déforestation (devant s’appliquer au 1er janvier), comme l’ont demandé une majorité de ministres de l’Agriculture le 27 octobre à Luxembourg. Tout en saluant les simplifications que propose la Commission européenne (en particulier l’exemption d’une grande partie des petits opérateurs), les industriels estiment qu’une année supplémentaire est nécessaire pour étudier sereinement les moyens d’alléger la charge administrative induite, que le président du Snia, François Cholat juge « aberrante » à l’égard du soja, qu’il soit importé ou français. Ils suggèrent aussi de « prendre de la hauteur » au vu des tractations internationales en cours. La période de tolérance proposée par la Commission est loin de les satisfaire : « Six mois sans contrôle, ce n’est pas responsable », a appuyé le directeur Stéphane Radet, invoquant les questions de responsabilité commerciale.
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Quant au risque de déforestation engendré directement par les importations françaises de soja pour l’alimentation animale, le Snia met en avant la faible estimation de l’observatoire Duralim (0,08 % du tonnage produit en France). Ce faible taux résulte de l’engagement pris par les fabricants français d’aliments à travers le manifeste du Snia et de LCA NA (coopératives) pour un soja non déforestant lancé en 2022. Le principe de mesure repose sur des « origines à faible risque » et des schémas reconnus compatibles avec les lignes directrices « soja responsable » de la fédération européenne Fefac.