Dans sa thèse d’économie soutenue à Paris-Saclay en décembre 2024, Ondine Berland constate que les choix alimentaires des ménages sont « fortement influencés » par leur pouvoir d’achat. Ainsi, « de légères variations des prix de l’essence et de l’alimentation induisent des changements importants dans la consommation alimentaire », explique la chercheuse à Agra Presse. Dans sa thèse, on lit qu’une « augmentation de 10 % des prix du carburant est associée à une baisse de 2,5 % des dépenses alimentaires mensuelles, principalement en raison d’une réduction des volumes d’achat totaux », tandis que « la magnitude de l’effet sur la valeur unitaire moyenne (ou prix moyen) des produits achetés est plus faible ».
Par ailleurs, la chercheuse met en évidence « la diversité des émissions entre ménages » ; « cette diversité reste cependant moins marquée que celle observée pour d’autres variables, comme le revenu, auquel elle ne semble pas corrélée ». Par exemple, « bien que la consommation de viande soit fortement émettrice, elle varie peu selon le niveau de revenu, tandis que les différences de comportements alimentaires entre hommes et femmes expliquent davantage les variations de l’empreinte carbone alimentaire ».
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Les femmes « ont des empreintes carbone 27 % plus faibles que les hommes », évalue la thèse. Cela « ne s’explique pas seulement par des différences biologiques, comme les besoins caloriques ou les distances de déplacement plus longues pour les hommes » : cet écart « résulte aussi de la consommation de produits alimentaires moins polluants et de l’utilisation de modes de transport moins carbonés ». La chercheuse explique aussi à Agra que son travail « montre que, pour les ménages modestes, l’alimentation constitue un substitut aux loisirs – en particulier via la consommation de produits gras, sucrés et transformés – ce qui contribue à expliquer la qualité nutritionnelle moindre de leur alimentation ».