Le franc-comtois Philippe Wagner est, avec son entreprise André Bazin, à l’origine de la création d’une association qui vise l’obtention de l’IGP pour les charcuteries de la région. Une fois celle-ci obtenue, la société, pour l’heure spécialisée dans l’offre aux industriels, entend développer sa gamme grand public.
Près de 40 % des saucisses de Morteau sont fabriqués hors de Franche-Comté. C’est ce qui a décidé Philippe Wagner et les autres acteurs de la filière à s’organiser en association pour obtenir l’IGP. Dans le passé, la saucisse de Morteau bénéficiait d’un label régional dont elle a dû se défaire quand l’Union européenne a estimé que la France en comptait trop. Depuis, la production est sortie de sa région natale et s’est étendue dans une mesure qui déplaît aux producteurs locaux. « La qualité de nos produits est obtenue grâce à leur fabrication à partir de porcs de Franche-Comté, à des cahiers des charges précis… L’existence de produits de moins bonne qualité décrédibilise le nôtre… », peste Philippe Wagner, qui, en compagnie d’Albert Locatelli, a repris André Bazin en juillet 2003. Il s’emploie depuis à dynamiser son entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 46 millions d’euros en 2003, et compte sur une croissance de 3 % pour 2004, « alors que le secteur est plutôt stable ». 220 personnes travaillent sur le site franc-comtois, où 13 000 tonnes de charcuterie sont produites, dont un dixième est commercialisé à l’étranger, principalement en Italie, en Allemagne et en Hollande.
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Viser le grand public
Dans les grandes surfaces, où 15 % des ventes sont réalisées, André Bazin commercialise des salaisons fumées comme les lardons ou la poitrine de porc. La palette de produits proposés aux industriels (75 % des ventes) est plus importante et a été élargie récemment. Elle va des lamelles de jambons aux émincés de volailles et des lardons aux lamelles de bœuf.. « Si au début nous étions spécialisés dans le porc, nous avons renforcé notre gamme dédiée aux industriels pour leur proposer un service complet», note Philippe Wagner. Mais l’entreprise vise aussi une plus grande présence en grandes surfaces. C’est l’une des raisons pour lesquelles, une fois l’IGP obtenue, elle se mettra peut-être en chasse d’une entreprise à acquérir. « Les produits vendus en GMS et ceux vendus aux industriels sont similaires, pour certains, mais les processus sont différents. Aussi, il serait judicieux à l’avenir de dédier un site aux industriels et un autre aux produits grand public» estime le dirigeant.