Abonné

Coopérative/Résultats Année 1 du nouveau périmètre d’Unicopa

- - 6 min

Le groupe coopératif Unicopa a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros et un bénéfice de 6,1 M EUR, ont annoncé ses dirigeants au siège du groupe à Morlaix (Finistère). Les grandes maœuvres industrielles déployées par le groupe portent déjà leurs fruits mais la porte reste ouverte pour d’autres opérations, en particulier dans la branche porc.

Unicopa (5600 salariés) a tiré ses ventes, en 2006, de sa branche porcine pour 25 %, de la nutrition animale pour 23 %, de la volaille pour 22 %, des produits laitiers (collecte de 700 millions de litres de lait) pour 16 % du CA et le reste en appro et légumes.

Le groupe aurait même pu dégager un meilleur résultat net. Le directeur général, Rémy Létienne a en effet indiqué que la crise de la grippe aviaire, démarrée en octobre 2005, a enlevé entre « 1 et 1,3 million d’euros» de profit au résultat du groupe.

En fait, l’exercice 2005 consacre l’année 1 du nouveau périmètre d’Unicopa. Entre 2003 et 2004, le groupe coopératif a défini une stratégie visant à atteindre un effet de taille. Première étape de son plan : la réorganisation de son amont. Les coopératives actionnaires d’Unicopa ont regroupé progressivement leurs forces par métier. Désormais, Eolys collecte près de 80 % du lait d’Unicopa, Pigalys la totalité de ses cochons et Univol contrôle tout le parc avicole du groupe.

Parallèlement Unicopa a procédé à la réorganisation de son aval industriel. Objectif : viser des places de leader sur ses marchés. En nutrition animale, Unicopa a fusionné en avril 2005 ses activités avec Evialis dans l’Ouest. Leur société commune, Nutréa, occupe le premier rang des fabricants d’aliments du bétail dans le grand Ouest avec 1,6 million de tonnes.

En lait Unicopa a constitué, en juin 2005, avec CNP (Compagnie nationale à portefeuille), actionnaire majoritaire d’Entremont, le groupe Entremont Alliance –195 000 tonnes de fromages, 65 000 tonnes de poudres laitières et 250 000 tonnes de poudres de lactosérum. Le plan d’adaptation industrielle annoncé en début d’année devrait arriver à son terme à la fin mai.

Ces grandes manœuvres industrielles portent déjà leurs fruits, ont indiqué les dirigeants d’Unicopa. En alimentation animale, Nutréa perd moins de terrain que l’ensemble des fabricants de l’Ouest. Selon des chiffres rapportés par Rémy Létienne, les adhérents de l’Association des fabricants d’aliments de Bretagne ont perdu 5,7 % de volumes sur le premier trimestre 2006, Nutréa 3,7 %.

Performances au rendez-vous

En lait, Unicopa a atteint une taille critique qui lui permet de peser sur ses marchés. D’importants investissements (21 millions d’euros) devraient être réalisés cette année, notamment pour porter la capacité de l’usine d’emmental de Guingamp (Côtes d’Armor) – ex-Unicopa – à 40 000 tonnes et en faire le second outil majeur d’Entremont Alliance dans l’Ouest, avec celui de Montauban de Bretagne (ex-Entremont) en Ille-et-Vilaine.

Des opérations qui ne sont pas forcément terminées. Jean-Yves Le Barzic, président d’Unicopa a précisé que son groupe « garde une posture ouverte» pour se rapprocher d’autres opérateurs dans le lait. Le porc fait également l’objet de réflexions dans ce sens. La branche porcine d’Unicopa, Brocéliande, pèse actuellement 35 000 tonnes de produits et se place au quatrième rang des opérateurs nationaux. « Brocéliande pourrait faire de la croissance externe», confirme Rémy Létienne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Unicopa prévoit d’investir 33 M EUR en 2006. Une bonne partie concernera l’industrie laitière. La nutrition animale absorbera autour de 2 millions d’€ (programme d’informatique industrielle), l’usine de charcuterie à la coupe de Bécherel (Ille-et-Vilaine) bénéficiera d’un programme de 4 millions d’€ sur trois ans pour s’orienter vers la certification IFS.

Les deux autres outils de Brocéliande, celui de Villers-Bocage (Calvados) pour le libre-service et l’unité de saucisserie de Roanne dans la Loire (Suchet) – qui a racheté fin 2005 Boizet Saucissons et rajouté 800 tonnes de production à ses 1000 tonnes de produits secs-, viennent de décrocher leur certificat IFS (sécurité alimentaire) désormais exigé par la grande distribution pour qui travaille sous marque de distributeur, grande spécialité d’Unicopa.

En volaille, Unicopa a plusieurs fers au feu. Au début de l’année 2006, sur le marché français au travers de sa filiale Socavi, le groupe de Morlaix a redéployé ses gammes à marque « Cuisinez Vrai » sur le territoire de la nutrition santé. Unicopa a également lancé un segment de marque, « Cuisine à Table » qui propose des produits crus à griller, à poêler ou à mijoter.

Enfin Unicopa offre aux consommateurs de nouveaux produits, des grignottes de poulets (manchons de poulets en sachets), extension du métier produits élaborés centré dans Vatélis. Un positionnement effectué en pleine crise de la grippe aviaire. « Aujourd’hui nous ne sommes plus qu’à 5-10 % de la consommation de la même période de l’année dernière », se félicite le président d’Unicopa, Jean-Yves Le Barzic.

Un problème non encore résolu, la volaille

Travaillant exclusivement en petites séries pour les assembleurs et les sandwicheurs européens, Vatélis « fabrique 7000 tonnes de produits élaborés ; son objectif est d’atteindre 10 000 tonnes à terme », précise Rémy Létienne. Il ajoute que se positionner sur de petits volumes permet d’éviter la concurrence frontale des opérateurs brésiliens et thaïlandais. Et de dire : « Faire des cordons bleus au kilomètre, ce n’est plus pour nous, tout çà ».

Reste un problème non encore résolu chez Unicopa : l’avenir de son activité poulets export. Depuis le début de l’année et la fermeture aux volailles françaises de plusieurs gros pays acheteurs, sa filiale Tilly-Sabco (Guerlesquin, Finistère), qui traite normalement 80 000 tonnes de poulets congelés, à 90 % pour l’exportation, a perdu entre 65 et 75 % de ses ventes.

Le temps d’écouler les stocks de poulets, Unicopa a pris des mesures de chômage partiel : les 500 salariés n’ont travaillé que 11 jours sur 20 en mars et avril, seulement 2 jours en mai et juin. Lorsque la France retrouvera son statut de pays indemne de grippe aviaire, normalement le 18 juin, les choses devraient redevenir progressivement à la normale. Mais le problème de la fin des restitutions, annoncé en 2012, laisse entier l’avenir de Tilly-Sabco. Unicopa tente de fidéliser ses clients en mettant en avant la souche Rustivol et sa marque Sabco. Cependant Rémy Létienne laisse entendre que la production de Tilly-Sabco devrait baisser à terme. La crise de la grippe aviaire sur 2006 devrait de nouveau impacter le résultat net d’Unicopa sur l’exercice 2006, comme en 2005 de l’ordre de 1 à 1,3 million d’€, précise le directeur général.