Depuis l’interdiction en 2006 des antibiotiques à effets facteurs de croissance dans l’alimentation animale, les pratiques changent, les tonnages baissent mais le nombre d’animaux exposés ne diminue pas. Il augmente même, a expliqué Pascal Sanders, directeur du laboratoire Anses de Fougères, lors d’une journée organisée par l’entreprise de nutrition animale Sanders (aucun direct avec la personne citée précédemment), sur les alternatives aux antibiotiques. Comment est-ce possible ? Certes, l’une des conséquences positives de la fin de l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance dans les aliments a été la baisse de la résistance à certains antibiotiques, comme les streptogramines. « Et cela prend du temps », constate Pascal Sanders.
Mais voilà. Si les antibiotiques ne sont plus utilisés comme facteurs de croissance dans l’alimentation, ils sont toujours utilisés à titre préventif, et de plus en plus au travers de l’eau. De 1999 à 2015, les pratiques ont beaucoup changé, explique Pascal Sanders. Les antibiotiques apparaissent de moins en moins dans les aliments, et de plus en plus dans les boissons (soupes chez les porcs, buvées chez les volailles). Si bien que sur cette même période, même si l’usage en facteur de croissance a disparu, le nombre d’animaux exposés aux antibiotiques a augmenté. « La France pèse lourd dans la consommation d’antibiotiques en Europe », constate Pascal Sanders. La situation est périlleuse, car des résistances à des antibiotiques importants en médecine humaine continuent d’apparaître. Il y a un an, c’est une résistance à la colistine qui a été observée dans un élevage de porc chinois. Le 7 décembre dernier, l’université de l’Ohio a découvert des résistances aux carbapénèmes dans un élevage de porc de l’État. Or, « tout antibiotique que l’on administre à un animal repart dans l’environnement, de même que les bactéries », explique Pascal Sanders. Et l’information génétique voyage très rapidement chez les bactéries, et ne connaît pas les frontières.
L’alimentation a un rôle à jouer dans la prévention de l’apparition de problèmes sanitaires, ont expliqué les différents intervenants de l’entreprise Sanders. Celle-ci développe un ensemble de solutions, intégrées dans l’appellation « gestion sanitaire durable », qui vise à baisser le besoin d’antibiotiques en élevage (huiles essentielles, solutions antioxydantes).
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