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Antofénol cherche des fonds pour industrialiser sa solution de biocontrôle

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Antofénol a développé un biofongicide à partir d'extrait de bois de vigne. Crédits : © Antofénol

Le spécialiste de l’écoextraction par hyperfréquence Antofénol lance un nouveau tour de table avec un objectif de 3 M€. En cas de succès, il entend multiplier par 30 ses capacités de production.

Onze ans après son lancement, Antofénol cherche des fonds pour financer la mise à l’échelle de sa production. L’entreprise compte lever 3 M€, dont 2 M€ sont déjà sécurisés auprès de deux de ses investisseurs historiques, Demeter VitiRev et la Banque des territoires. Pour compléter le tour de table, la start-up compte faire appel au financement participatif. Une campagne est ouverte aux investisseurs sur la plateforme Tudigo depuis le 24 novembre, avec un objectif compris entre 300 000€ et 600 000€.

Basé à Plestan dans les Côtes d'Armor, Antofénol a commencé en transformant les coproduits viticoles comme le bois de vigne en solution de biocontrôle. Son premier produit, l’Antoférine, est conçu pour « remplacer des fongicides comme le mancozèbe, le captane ou encore le cuivre, en traitement au champ ou en post-récolte », explique Fanny Rolet, sa fondatrice et dirigeante. La société utilise sa technologie brevetée d’écoextraction par hyperfréquences, un procédé naturel sans solvants chimiques.

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Comme tout produit de biocontrôle, l’Antoférine doit passer un rigoureux processus d’homologation. Suite au récent avis favorable de Malte, l’État membre rapporteur choisi par l'entreprise pour porter sa demande, c'est au tour de l'Efsa de se prononcer. Fanny Rolet espère recevoir l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’Union européenne en vue d’une commercialisation en 2028/2029. D’ici là, elle a déposé auprès de la direction générale de l’Alimentation (DGAL) une demande de dérogation de 120 jours pour l’Antoférine comme solution contre la tavelure du pommier et les maladies de conservation pour la saison 2026. Cette demande est appuyée par l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP), qui représente environ 70% de la production française. 

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Augmenter la capacité de production

La nouvelle levée de fonds doit notamment permettre à Antofénol de multiplier par 30 sa capacité de production d’ici 2027, grâce à la mise en service d’un nouveau site de production à Vedène dans le Vaucluse. « Notre technologie d’hyper fréquence est prête, assure Fanny Rolet, nous avons besoin d’investir dans un concentrateur à grande capacité pour que notre production puisse suivre. » Avec une capacité de production annuelle de 330 tonnes, contre dix tonnes actuellement sur son site de Plestan, le site de Vedène entrera en service en avril 2026 afin de desservir tout le marché français. 

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En attendant l’homologation européenne, et pour assurer l’activité de l’entreprise qui a réalisé 566 000€ de chiffre d’affaires en 2024 selon les informations disponibles sur la plateforme Tudigo, Antofénol utilise sa technologie pour développer une offre pour la cosmétique et l’alimentation pour répondre à la demande de ses clients Chanel, Shiseido et Symrise. D’autres produits sont aussi en développement, dont deux insecticides, un nématicide et un herbicide

À plus long terme, Fanny Rolet prépare déjà une commercialisation en Europe, avec un deuxième site de production prévu au Thor, à quelques kilomètres de celui de Vedène. Avec une capacité de production annuelle prévue de 4800 tonnes, il représentera un investissement industriel global de 40 M€ et devrait entrer en service en 2029. Selon sa dirigeante, Antofénol devrait cibler « dans un premier temps les pays producteurs de pommes, de vin et de raisin, comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni ».