Abonné

44e congrès des Jeunes agriculteurs Appel à l’unité syndicale et à la cohésion du réseau des Jeunes agriculteurs

- - 6 min

Le 44e congrès électif des Jeunes agriculteurs qui s’est déroulé du 8 au 10 juin à Perpignan, à quelques kilomètres de la mer, n’a pas fait de vagues. Un climat serein qui tranchait avec l’ambiance électrique du congrès de l’année dernière à Saint-Flour dans le Cantal. Le ministre Bruno Le Maire, qui s’est exprimé le 8 juin, a été très bien accueilli contrairement à son prédécesseur l’an passé. Il a amené dans ses bagages une manne financière de 40 à 50 millions d’euros. Il s’agit du produit de l’affectation à la politique d’installation de la nouvelle taxe sur la spéculation foncière. Quant à Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, vivement critiqué l’an dernier notamment sur l’accord sur le prix du lait du 3 juin 2009, il a lancé dans son dernier discours en tant que président de la « grande maison » un appel à l’unité syndicale du bloc majoritaire. Un message de responsabilité repris par le nouveau président des JA, Jean-Michel Schaeffer. L’impérieuse nécessité du travailler « ensemble », « en équipe » a été rappelée par le jeune président. C’est ce qui s’appelle être sur la même longueur d’onde.

Les congrès syndicaux se suivent et ne se ressemblent pas. Comme il semble loin le 43e congrès des Jeunes agriculteurs, qui avait été, l’an passé, le théâtre de déchirements entre le syndicalisme jeune et aîné (FNSEA), sans oublier l’accueil très froid réservé au ministre de l’époque, Michel Barnier, par des congressistes au bord de la révolte. Les temps étaient en effet mouvementés, entre le bilan de santé de la Pac impulsé par Michel Barnier et l’accord sur le prix du lait du 3 juin 2009, signé par la FNPL, la branche laitière de la FNSEA. Une année plus tard, le 44e congrès des JA qui s’est déroulé du 8 au 10 juin à Perpignan marque une réconciliation entre la branche jeune de la FNSEA et la « grande maison ». Même si les temps sont encore difficiles pour le monde agricole avec une crise, que « de mémoire de syndicaliste on n’avait jamais connue », les chantiers à venir – la Pac de l’après 2013 et les élections aux chambres d’Agriculture – réclament de faire preuve de responsabilité et de cohésion, a expliqué Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, le 10 juin en clôture du congrès des JA. « Un dernier discours en tant que leader de la FNSEA », a-t-il indiqué, très bien accueilli par les 600 jeunes congressistes présents. Une ambiance qui tranchait avec celle de l’an passé. C’était Dominique Barrau, le secrétaire général du syndicat qui avait alors essuyé la révolte des JA, lesquels accusaient le président de la FNSEA de faire de la politique plutôt que du syndicalisme. En effet, Jean-Michel Lemétayer n’avait pas pu se rendre faute d’avion à la clôture du congrès de Saint-Flour dans le Cantal.
Un an après, Dominique Barrau est venu la veille de la clôture du congrès des JA pour « sentir la température » des JA. Il a été rassuré sur l’état d’esprit constructif des « petits trublions » qui devraient, selon la région syndicale du Nord, très remontée pour cause de bisbilles internes (Cf encadré), devenir « de grands garçons qui mettent en place leurs propositions ».

Pas de dissension
Il est vrai que les échéances qui attendent le monde agricole, à savoir la réforme de la Pac de l’après 2013 et « le rendez-vous de la représentativité syndicale (les élections aux chambres d’agriculture en janvier 2012 : ndlr) » ne supporteront aucune dissension dans le bloc majoritaire. « Il faut que l’on dise ensemble, ce que nous voulons pour la Pac », a lancé Jean-Michel Lemétayer, en citant les chambres d’agriculture et leur président Guy Vasseur. « Il faut faire sans attendre nos propositions après les avoir discutées entre nous », a-t-il ajouté. Une attitude qui tranche avec le caractère habituellement attentiste du syndicalisme à l’aube des nouvelles réformes de la Pac, par crainte de se dévoiler trop tôt. Un appel en forme de mise en garde de celui qui a vécu les divergences au sein des organisations majoritaires lors des discussions du bilan de santé de la Pac. « Lorsque dans deux ans, vous serez en renouvellement de l’équipe des JA qui vient d’être élue, la messe sera dite au sujet de la Pac », a-t-il prévenu.

Un « mandat sensible »
Un message parfaitement compris par le nouveau président des JA, l’Alsacien Jean-Michel Schaeffer. Pour sa première prise de parole, ce dernier a insisté sur « ses lourdes responsabilités », dans le cadre de ce mandat « sensible » s’inscrivant dans le contexte de négociations sur la Pac. Succint sur le contenu des « chantiers » qui attendent les nouveaux élus, le nouveau président a davantage mis l’accent sur la forme que devait prendre ce travail de réflexion. L’impérieuse nécessité du travailler « ensemble », « en équipe » a été rappelée dans un appel à l’unité syndicale et à la cohésion du réseau. « Rien ne peut se faire sans un réseau efficace et légitime », a-t-il rappelé suite au rapport moral du syndicat et aux critiques de certaines régions syndicales qui ont pris la parole le 9 juin. Une mise en garde bien comprise par le nouveau leader du syndicat jeune. « Quand on construit, ne perdons pas de vue l’importance de la communication interne. Nous ne manquons pas d’idées mais sachons les faire partager », a souligné Jean-Michel Schaeffer. Ce sont des « questions majeures », a-t-il ajouté. « Nos propositions sont-elles bien véhiculées dans nos cantons, nos départements, nos régions ? Les cantons, les départements, les régions peuvent-elles faire remonter les idées ? », s’est interrogé tout haut le nouveau président. Ne dit-on pas que poser les bonnes questions, c’est déjà apporter des éléments de réponse.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.