Un appel à projets a été lancé par l'Institut français des matériaux agro-sourcés (Ifmas) auprès des entreprises de fabrication de peintures, plastifiants et revêtements pour mettre au point l'application de l'amidon à ces utilisations, a indiqué l'institut à la mi-avril. Programme : optimiser les matières premières les plus adéquates, et de synthétiser les molécules obtenues pour les transformer en synthons (briques de base de l'industrie chimique) et en polymères.
L'Ifmas veut multiplier les applications de l'amidon aux industries utilisatrices que sont les entreprises de fabrication de peintures, plastifiants, revêtements de sol et d'habitacle de trains, de boîtiers électriques, etc. Il s'agira pour cet institut de recherche-développement (R&D) de mettre au point des solutions. Quoi de mieux en effet que de demander aux industries utilisatrices quelles sont leurs demandes techniques pour basculer vers les solutions biosourcées. Ce premier appel à projets suit une feuille de route technologique définie pour la période 2016-2018.
Blé et pomme de terre, paille et tiges
Un premier volet consistera à optimiser les matières premières les plus adéquates comme le blé et la pomme de terre. Il s'agira de sélectionner les variétés d'amidon les plus intéressantes (contenu en amidon, taille des grains) par criblage végétal et de « comprendre les mécanismes de contrôle de la structure de l'amidon au cours de la biosynthèse ». Ce volet comprendra aussi la R&D sur l'amidon issu de matières premières cellulosiques, pour ne pas perdre de vue que les produits comestibles sont destinés en priorité à l'alimentation humaine et qu'il est préférable de travailler avec des matières premières peu coûteuses.
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Un autre volet consistera à synthétiser les molécules obtenues, d'une part en synthons (briques de base de l'industrie chimique) afin « d'obtenir des molécules plateformes aptes à engendrer un grand nombre de produits chimiques différents ». Ces molécules pourront entrer dans la composition des peintures et plastifiants, et également des cosmétiques et encres. Et d'autre part en polymères bio-sourcés « destinés aux marchés des plastiques et composites, ainsi que des peintures et revêtements », a précisé l'Ifmas.
L'Ifmas a, parmi ses actionnaires fondateurs, l'amidonnier Roquette et le semencier Florimond-Desprez. Les autres actionnaires fondateurs sont des universités (notamment l'université de chimie de Lille), des centres de recherche (entre autres, l'Inra, le CNRS), et la société Mäder (qui fabrique des peintures industrielles). À noter la présence, parmi ces actionnaires historiques, du pôle de compétitivité Matikem, spécialiste en matériaux et chimie verte.