Un appel à projets a été lancé le 27 juillet par le gouvernement pour le développement d’une filière française de biocarburants aéronautiques. Objectif : trouver de nouveaux gisements, les huiles usagées n’étant qu’une solution à court terme.
Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, a annoncé le 27 juillet conjointement avec Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, le lancement d’un appel à projets pour une filière française de biocarburants aéronautiques. Visitant le site du démonstrateur BioTfueL à Venette (Oise), il a précisé que l’appel à projets sera doté d’une enveloppe pouvant aller jusqu’à 200 M€. Cette vague « s’inscrit dans le cadre du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA4) et de la stratégie nationale "produits biosourcés et biotechnologies industrielles-carburants durables" qui sera prochainement présentée et qui est financée par France Relance ». Le démonstrateur BioTfueL est porté notamment par l’IFP Énergies nouvelles, le CEA, le groupe Avril, Total Énergies.
Le cahier des charges de l’appel à projets offre un résumé de la problématique des biocarburants aéronautiques : le modèle de production de carburants durables pour l’aviation « est actuellement construit sur l’usage d’un seul type de ressource, les huiles usagées », du fait de leurs caractéristiques chimiques qui en font une matière première directement utilisable. « Ce gisement présente une pertinence à très court terme pour amorcer le développement d’une filière, mais ne pourra vraisemblablement pas satisfaire l’ensemble de la demande d’ici à 2030 ». Dès lors, à moyen et long termes, l’emploi d’autres ressources durables « est indispensable pour l’atteinte » des objectifs de décarbonation de l’aviation. Le texte cite des exemples de ressources : déchets agricoles, alimentaires, ménagers et assimilés, ainsi que forestiers. L’exploitation de ces nouveaux gisements nécessitera « de s’appuyer sur de nouveaux procédés de transformation, dont il convient de soutenir le développement ».
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Nécessaire chaîne d’apport de biomasse
« Une attention particulière sera également donnée à l’inscription du projet dans une démarche d’économie circulaire », générant des co-produits pour d’autres marchés.
Le texte de l’appel à projets dresse des perspectives à long terme pour la biomasse. Pour le gouvernement, le recours aux substituts biosourcés au kérosène fossile « restera nécessaire » même à long terme, notamment pour les vols long-courriers. L’avion à hydrogène en cours de développement est un appareil à court ou moyen-courrier dont « l’objectif de mise sur le marché est 2030 au plus tôt ». Le texte souligne donc que les projets d’études d’ingénierie « devront nécessairement comporter la définition d’une chaîne d’approvisionnement en biomasse auprès de producteurs ou collecteurs locaux ».