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Bretagne Après les défis environnementaux, les éleveurs bretons veulent du développement

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L’assemblée générale de l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne) se tenait à Saint-Quay-Portrieux (22), le 7 décembre. Après 20 ans de défis environnementaux et à moins de deux mois des élections aux chambres d’agriculture, les producteurs ont partagé leur vision de l’avenir : le développement des élevages.

Pour l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne), c’est clair: pendant 20 ans, la priorité des chambres d’agriculture a été l’environnement. Au cours de l’assemblée générale qui se tenait à Saint-Quay-Portrieux (22) le 7 décembre, Jacques Crolais, directeur de l’UGPVB, a partagé la vision des éleveurs bretons, à quelques semaines des élections aux chambres. « Sur les 20 dernières années, la puissance publique a établi de nouvelles normes qui s’imposent aux éleveurs », a-t-il déclaré. Plus concrètement, cela fait 20 ans que les éleveurs bretons concentrent leurs efforts à la « résorption des excédents structurels des effluents d’élevage». Les efforts financiers des agriculteurs bretons sont considérables. En 20 ans, les investissements liés à l’environnement dépassent le milliard d’euros, dont 70% autofinancés par les agriculteurs. Ces travaux ont favorisé une meilleure gestion des apports d’effluents organiques, la suppression des fuites lors du stockage et une gestion agronomique au plus près des besoins des cultures. Ainsi, plus de 20 000 élevages bretons se sont engagés dans la mise aux normes de leurs élevages. En 2011, près de 443 stations de traitement du lisier de porcs ont été construites pour un coût moyen de 300 000 euros par station. Elles permettent de traiter plus de 3 millions de mètres cubes de lisier par an, plus de 10,3 millions d’unités d’azote et plus de 4,6 millions d’unités de phosphore. S’agissant des objectifs de réduction de l’azote organique en Zone d’excédent structurel (ZES), 80% de l’objectif est atteint.
Les résultats environnementaux sont incontestables pour les éleveurs bretons. « La teneur moyenne en nitrates dans les eaux en Bretagne a baissé de près de 30% en 15 ans », déclarent les experts de l’élevage breton. L’idée n’est donc pas de remettre en question les normes environnementales, mais il est grand temps de permettre aux éleveurs de se développer dans un cadre réglementaire assoupli, assurent-ils.

Recul de tous les cheptels en 10 ans

« La stratégie environnementale s’est aussi traduite par une mise sous cloche réglementaire des élevages qui n’ont pas évolué », soutient Jacques Crolais. Hors de question de négliger les aspects environnementaux, mais pour les six ans à venir, l’UGPVB attend des chambres d’agriculture que le « développement des élevages » soit leur nouvelle priorité. « Si un éleveur veut développer son exploitation, il faut qu’il puisse le faire, et bien sûr, en respectant les normes environnementales», résume Jacques Crolais. Une possibilité qui n’est, pour le moment, pas offerte aux éleveurs français. Ainsi, à l’heure où la compétitivité des exploitations est au cœur des préoccupations, l’UGPVB demande expressément que les freins administratifs à l’extension des élevages soient levés. « En 1993, l’interdiction d’agrandissement des élevages en ZES avait une logique. Aujourd’hui les contraintes environnementales sont intégrées dans le quotidien des éleveurs », insiste-t-il.
L’enjeu est de taille : depuis 10 ans, tous les cheptels sont en baisse. Le cheptel allaitant a perdu 12% de ses effectifs en 10 ans, celui des truies 16%, sans parler des bâtiments de volailles de chair qui reculent de 21%. Un constat négatif qui consolide la volonté de l’UGPVB de remettre le développement des élevages au cœur des préoccupations. Les craintes des producteurs de viande de Bretagne ont été maintes fois exprimées ces dernières années, mais il est toujours bon de le rappeler. « Si on veut garder des éleveurs en Bretagne et garder une dynamique industrielle dans cette région, il faut laisser les élevages se développer », concluent les représentants de l’UGPVB.

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