Abonné

Vin Après trois années de disette, les vins de Loire vont à l’assaut du marché

- - 4 min

Après trois petites récoltes, notamment en blanc, qui ont causé un recul des ventes en France et à l’étranger, les vins de Loire vont tenter de reconquérir les parts de marché perdues avec la récolte 2009 qui offre quantité et qualité. Bon signe : les acheteurs étaient au rendez-vous, notamment les Anglais, du Salon des vins de Loire qui s’est tenu du 1er au 3 février à Angers (Maine-et-Loire).

Le Val de Loire a connu sa troisième petite récolte en 2008, particulièrement en vin blanc et en muscadet. Sur la campagne 2008/2009, les sorties de chais (2 090 268 hl) ont été quasi équivalentes à la récolte 2008 (2 672 000 hl), selon les chiffres d’InterLoire. Les stocks à la propriété ont baissé de 8% pour satisfaire une demande soutenue. Ces trois petits millésimes ont entraîné un recul des ventes en France, de loin le premier débouché, dans tous les circuits. En grande distribution (50% des ventes des vins de Loire), l’offre en linéaire en vin blanc de Loire a régressé (37,1 références au lieu de 37,8). Les parts de marché ont reculé de 1,3 point en volume et de 0,7 point en valeur. Les vins de Loire représentent 5,8% des volumes de vins vendus en grande distribution (6,7% en valeur).
A l’exportation, la demande de la Grande Bretagne, principal acheteur étranger des vins de la région, a souffert de la baisse de la livre, d’une hausse des taxes à l’importation et de la crise économique.

Alliance Loire confiant pour 2010
Alliance Loire (structure de commercialisation de neuf coopératives de la vallée de la Loire, réparties du pays nantais au Vendômois, en passant par Vouvray, Saumur, Chinon) confirme que l’année passée a été marquée par un déficit de muscadet. La structure a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires estimé à 42 M € (à 60% en grande distribution, 20% en circuit traditionnel et 20% à l’exportation), en légère baisse en raison du déficit du vin et du ralentissement de l’activité, malgré une hausse des prix. Les vins de Loire, tous confondus, ont perdu 35% en volume sur les neuf premiers mois de 2009 par rapport à la même période de 2008 et 26% en valeur, selon Pascal Chiaroni, directeur général. L’année 2010 offre de nouvelles perspectives avec une récolte de qualité revenue à son volume habituel.
« Le contexte est moins inquiétant qu’en 2009. Je n’ai pas d’inquiétude pour les rouges, ni pour les blancs du centre (Saumur, Touraine). Mais une érosion des prix est possible sur le muscadet », estime Pascal Chiaroni.
Projet en 2010 : un lifting des gammes (offre nouvelle de cabernet d’Anjou) et une action ciblée sur les Etats-Unis où les vins de Loire se placent bien entre 12 € et 15 € la bouteille.

Castel tente de reconquérir les acheteurs étrangers
Chez Castel, groupe qui s’est fortement implanté dans la région, le constat est le même : le vin a manqué en 2009 et l’année 2010 s’annonce meilleure.
« Nous avons géré la pénurie. Nous aurions pu vendre plus de muscadet et de vins de Loire », remarque Franck Crouzet, directeur de la communication.
Le premier débouché de Castel est la grande distribution mais le groupe entend se développer à l’exportation. Des rendez-vous étaient pris sur le salon avec des acheteurs du Royaume-Uni, de Belgique, d’Afrique et du Moyen-Orient. Le muscadet va devoir reprendre ses parts de marché, selon le groupe Castel. Il a été remplacé en France par d’autres vins blancs français et à l’étranger par des vins du nouveau monde. Le marché anglais, sinistré par la crise économique, s’annonce difficile.
La 24e édition du salon, plutôt animée, semblait témoigner d’un regain d’intérêt des professionnels pour les vins de Loire.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.