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Légumes transformés Après une année charnière, Bonduelle espère récolter les fruits de ses efforts

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2003 a été un exercice de transition pour Bonduelle, qui a restructuré et investi tous azimuts. En dépit de 10 millions d’euros de surcoûts occasionnés par ces opérations, en dépit aussi d’une consommation médiocre, le groupe a dégagé un résultat d’exploitation de 73,4 millions d’euros, en léger recul et a accru son chiffre d’affaires de 5,7 %. Bien que de nombreuses incertitudes pèsent sur l’environnement des entreprises, il table sur une amélioration significative de l’Ebit en 2004-2005.

Confiant en la victoire du bateau Bonduelle qui doit s’élancer prochainement dans la course du Vendée Globe, Christophe Bonduelle, président du directoire, l’est aussi dans la bonne tenue du groupe leader des légumes transformés en Europe. L’exercice, clos le 30 juin 2004, a été marqué par une campagne de production 2003 très difficile du fait de la canicule, rappelle-t-il, mais aussi par des restructurations d’outils en Hongrie (Békéscsaba) et en France (Machecoul, Villeneuve-sur-Lot et Rosières). Dans le même temps, a été mise en service l’usine allemande de quatrième gamme à Straëlen et construite une première conserverie en Russie, opérationnelle depuis juin dernier.

Ces éléments négatifs non récurrents, qui ont représenté un surcoût de 10 millions d’euros, pas plus que la morosité de la consommation en Europe de l’Ouest, n’ont empêché le groupe de dégager des résultats conformes à ses prévisions. Pour l’exercice 2003-2004, clos le 30 juin dernier, Bonduelle affiche un résultat d’exploitation de 73,4 millions d’euros (5,25 % du chiffre d’affaires), en recul de 2 %, et un résultat net part du groupe de

38,3 millions contre 39,9 millions l’année précédente. Le chiffre d’affaires consolidé a augmenté de 5,7 % pour s’établir à 1,393 milliard, avec une croissance interne à changes constants de 3,6 %. Pour le nouvel exercice, les dirigeants tablent sur une amélioration de 8 à 15 % du résultat d’exploitation, qui oscillerait entre 79 et 84 millions d’euros et de 3 à 5 % du chiffre d’affaires.

Lancement des produits traiteur en Espagne

Parmi les filiales du groupe, Bonduelle Frais a été renforcée par l’acquisition de la société allemande Vita, positionnée sur un marché de la quatrième gamme stable et plutôt de « deuxième choix », souligne-t-on. Bien que numéro un, l’entreprise déclinait et a accusé une perte de « quelques millions d’euros ». Elle devrait encore rester déficitaire en 2004-2005, mais la baisse de ses ventes est désormais enrayée. Son nouvel actionnaire travaille à la sécurisation des clients, à l’amélioration de la qualité des produits et au remplacement de la marque Vita par Bonduelle. En Italie, où le marché de la quatrième gamme progresse de 20 à 25 % par an, 40 % du chiffre d’affaires sont réalisés avec des produits lancés il y a moins de deux ans. Alors que son usine de Peschera se révèle désormais de taille insuffisante pour faire face aux besoins du marché et qu’elle ne peut être agrandie, Bonduelle a décidé dernièrement de la fermer et d’en transférer les productions vers son second site, à Battipaglia Agra Industrie n°79 du 23 septembre 2004.

Du côté de Bonduelle Traiteur, on se dit satisfait de l’intégration de Caugant et du nouveau leadership de la marque Bonduelle (19,5 % en valeur en juin 2004), devant Martinet (19,1 %). Le groupe vise désormais à développer les produits traiteur en Espagne, à la marque Frudesa, mais aussi en Pologne, et pourrait à terme envisager une implantation industrielle en Europe de l’Est.

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Bonduelle Grand Public, lié par contrat jusqu’au 31 décembre 2004 avec Unilever qui assure la distribution de ses produits surgelés Frudesa en Espagne, prépare le proche avenir en créant dans ce pays une force de vente dédiée à ces produits. Par ailleurs, la filiale intègre dans son périmètre, depuis le 1er juillet, les nouveaux Etats membres de l’UE. Interrogés sur leurs velléités à délocaliser certaines productions dans ces pays, les dirigeants de Bonduelle se veulent rassurants. Ils soulignent que plus de 95 % de ce qui est produit dans ces pays y est consommé. Et d’ajouter que « chaque zone devra faire valoir ses avantages comparés », étant entendu que l’Europe de l’Ouest restera plus compétitive pour certaines productions, comme les petits pois.

Une brique très prometteuse

En parallèle aux investissements et réorganisations, Bonduelle a « remis l’accent sur l’innovation et le marketing », souligne Christophe Bonduelle. Après le récent lancement en France de soupes fraîches en bouteilles de 50 cl, dont la fabrication est sous-traitée, le groupe investit le marché hexagonal avec cinq références de légumes cuisinés, conditionnés en briques Tetra Recart. Cet emballage révolutionnaire a déjà fait ses preuves en Italie où un an et demi après la mise sur le marché de légumes secs en briques, Bonduelle fait état d’une augmentation de ses ventes de 68 % par rapport aux conserves métalliques. La marque recrute 15 à 20 % de consommateurs, qui n’achetaient pas de boîtes, précise-t-on. De même, le succès semble au rendez-vous en Allemagne, où la brique a conquis en six mois 50 % de distribution en valeur.

Au 30 juin 2004, la conserve représentait la moitié du chiffre d’affaires de Bonduelle contre 60 % en 1999-2000. Si l’activité frais (24 % des ventes aujourd’hui contre 12 %) a explosé au sein du groupe avec un chiffre d’affaires en progression de 204 % en valeur au cours des quatre dernières année, la conserve n’en a pas moins évolué de 26 % sur la même période. Quant aux surgelés, ils ont vu leur part demeurer relativement stable (26 % en 2003-2004) et ont enregistré une augmentation de leurs ventes en valeur de 41 % entre 2000 et 2004.

Pour ce qui concerne le test mené pendant deux mois dans cinquante magasins qui a fait apparaître la marque Bonduelle sur des produits de première gamme, il s’est révélé positif sur trois points : le montage avec quatre partenaires bénéficiant d’un contrat de licence n’est pas simple, mais il « marche bien », souligne-t-on. Autres sujets de satisfaction : l’attente des clients pour un tel concept, et les rotations qui ont atteint une moyenne hebdomadaire supérieure à dix barquettes par référence par point de vente. En revanche, la segmentation des produits demande à être affinée, avec notamment un élargissement de l’offre cœur de gamme. Enfin la perméabilité des films et barquettes doit être améliorée pour une meilleure évolution des produits dans le temps. Un second test sera lancé au début de l’hiver pour six mois, dans 150 magasins, l’objectif étant d’en tirer les conclusions à l’été 2005.

Les chiffres-clés de Bonduelle et ses filiales Chiffre d’affaires 2003-2004 : 1,393 milliard d’euros (+5,7 %) avec près de 5 890 salariés dans 20 pays. 49 % des ventes réalisées en France. Les marchés : la conserve : 50 % des ventes, numéro un dans l’UE avec 30 % du marché ; les surgelés : 26 % du CA, numéro deux dans l’UE à 12 % ; le frais élaboré : 24 % du CA, leader dans l’UE avec 20 % du marché. Les filiales : Bonduelle Frais (209,5 millions d’euros de CA et 1 335 salariés) ; Bonduelle Traiteur (10 % du CA avec 530 salariés) ; Bonduelle Grand Public (554,1 millions d’euros avec 1 995 personnes) ; Bonduelle Food Service (184 millions avec 605 personnes) ; Bpl légumes (légumes en conserve sous MDD, 216,2 millions et 690 salariés) et Bonduelle Development (129,9 millions et près de 600 salariés). Actionnariat : Famille Bonduelle : 52,1 %, salariés-autodétention : 5,2 %, public : 42,7 %.