En Europe de l'Est, la Russie s'en est pris aux exportations européennes de produits alimentaires, en réponse aux mesures de rétorsion de l'UE face à la situation ukrainienne ; au Moyen-Orient, l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas inclut un très important volet sur la fin d'un blocus alimentaire et des droits de pêche. On pourrait multiplier les exemples. La question alimentaire est présente dans tous les points sensibles de la planète. Non seulement en raison des conséquences des conflits sur l'agriculture mais aussi en tant qu'arme elle-même, pour le rétablissement de la paix ou l'intensification d'une guerre.
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Voilà une dimension que les réformateurs de la Politique agricole commune n'avaient pas envisagée. Et pourtant, l'embargo russe sur les produits alimentaires européens, s'il se prolonge, aura sans doute des effets sur le potentiel de production européen. Décidé avant la guerre, le refus d'importer des porcs, pour raison sanitaire plus ou moins valide, a eu un effet sur les cours et sans doute contribué à l'abandon de production d'une part des producteurs. Dans les pays nouveaux membres de l'UE, l'impact sur l'agriculture sera sans doute plus fort qu'à l'Ouest. Or, l'Europe, dans les phases de tensions internationales, ne peut se permettre de traiter à la légère la dimension alimentaire. C'est ce qui explique sans doute la rapidité de la Commission européenne, cet été, à prendre en main le problème. Cela ne devra pas s'arrêter là. Les Américains, eux, prennent depuis longtemps la question très au sérieux. Comme les Russes, ils nous ont montré que l'arme alimentaire devient une arme ultra-moderne. La géopolitique dont l'intégrer dans son action, de même que la politique agricole doit intégrer la géopolitique dans sa définition.