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Assises du sanitaire : la FNB veut pousser la vaccination

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Au-delà du financement, les éleveurs de bovins viande de la FNB veulent insister sur la vaccination lors des Assises du sanitaire. Les récentes ruptures de stocks de vaccins contre la FCO leur fournissent un argument d’actualité.

Dans le cadre des Assises du sanitaire en élevage, qui devaient être lancées jeudi 30 janvier, « si la répartition du financement est le seul sujet, on va passer à côté de l’exercice », prévient le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), Patrick Bénézit, le 28 janvier en conférence de presse. Et l’éleveur cantalou de réclamer « une politique sanitaire cohérente au service des éleveurs », mettant l’accent notamment sur l’anticipation et la vaccination. « Nous avions obtenu de l’ancien ministre de l’Agriculture Marc Fesneau la mise en place d’une banque d’antigènes pour produire des vaccins plus rapidement », retrace M. Bénézit. Pour la fièvre catarrhale ovine (FCO), par exemple, « les sérotypes sont connus ». Mais le projet « est au point zéro », selon le président de la FNB.

« Non seulement nous ne sommes pas prêts pour les futurs sérotypes, mais nous sommes même en rupture de stock sur les sérotypes actuels », s’agace-t-il. La FCO compte 36 sérotypes, dont 24 sont réglementés car causant des dommages en élevage. Les éleveurs français font actuellement face aux sérotypes 4 et 8, présents depuis 2006, ainsi qu’au sérotype 3, exotique, arrivé en septembre 2023 aux Pays-Bas puis en août 2024 en France. Ces derniers mois, deux autres nouveaux sérotypes ont été détectés en Europe : le n°1 en Espagne et le n°12 aux Pays-Bas. « Le 1 et le 12, on va les avoir », prévient Patrick Bénézit. Une politique préventive telle qu’envisagée par la FNB aurait permis, selon lui, « d’avoir un vaccin disponible, tous les sérotypes dans la même fiole, pour protéger et pouvoir exporter dans les semaines qui viennent avant la mise à l’herbe ».

Ruptures et délais de livraison allongés

Les responsables de la FNB se disent « préoccupés » par les récentes ruptures de stock pour les doses de vaccins financées par l’État contre la FCO-3, ainsi que contre la maladie hémorragique épizootique (MHE). Une information repérée par nos confrères de Réussir Bovins viande sur le site web du ministère de l’Agriculture. Les pouvoirs publics avaient mis à disposition des éleveurs deux millions de doses d’Hépizovac (MHE), ainsi que 13,7 millions de doses de Bluevac-3 et de Bultavo-3 (FCO). Les professionnels souhaitant vacciner leurs animaux doivent désormais acheter eux-mêmes les doses via leur vétérinaire, à moins d’une nouvelle commande publique – rien n’a été annoncé à l’heure où ces lignes sont écrites.

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En plus des ruptures, les délais d’approvisionnement sont de « quelques jours » pour l’Hépizovac et le Bultavo-3 (certifiant pour les échanges), comme le précise la fédération des GDS (groupements de défense sanitaire) de Bourgogne-Franche-Comté sur son site web. En revanche, pour le Bluevac-3, il faudra attendre « les prochaines semaines et mois », selon les GDS, qui appellent les éleveurs à « commander [leurs] vaccins sans délai auprès de [leur] vétérinaire ». Pour les sérotypes 4 et 8 de la FCO (vaccination à la charge des éleveurs), les prochaines livraisons sont attendues en juillet pour le BTVPur 4 et 8, « début février 2025 puis en avril 2025 » pour le Syvazul 4-8 et « fin février et d’ici l’été » pour le Bluevac-8. Un calendrier trop tardif aux yeux de la FNB, alors que les inséminations seront passées chez nombre d’éleveurs et que certains animaux seront à l’herbe.

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Quatre tables rondes pour lancer les Assises

S’exprimant le 17 janvier lors de l’examen par le Sénat du PLF 2025, Annie Genevard avait confirmé que le financement serait la question centrale des Assises du sanitaire. « La France est la seule à payer les vaccins et l’indemnisation » pour les maladies vectorielles (FCO, MHE), avait rappelé la ministre de l’Agriculture. « Ce n’est pas possible, on ne peut pas continuer comme ça. » Dans ses interventions ces derniers mois, la locataire de la Rue de Varenne a aussi insisté sur la nécessité de développer la prévention, via la vaccination et la biosécurité notamment.

Le lancement des Assises du sanitaire, le 30 janvier, devait être articulé autour de quatre tables rondes : « état des risques sanitaires […] dans le contexte des évolutions climatiques et de la mondialisation » ; « démographie de la ferme France » ; « atouts et faiblesses de l’organisation sanitaire en place » ; et « opportunités et Menaces envers les filières ». Plus largement, « L’objectif est de définir collectivement l’organisation sanitaire de demain à travers les futurs contrats sanitaires de filières », indique la Rue de Varenne dans un message envoyé à la presse (qui n’est pas invitée à assister aux Assises).

Le projet de banque d’antigènes « est au point zéro »,

Les sérotypes 1 et 12 de la FCO, « on va les avoir »

FCO/bovins : la FNB veut que les aides prennent en compte les animaux mort-nés

Alors qu’Annie Genevard a annoncé que les indemnisations pour la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) seront étendues aux veaux de moins d’un mois, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a demandé le 28 janvier une extension aux animaux mort-nés. « On attend encore des précisions » sur ce sujet, a indiqué son président Patrick Bénézit en conférence de presse. « Des éleveurs nous font remonter des pertes considérables », note-t-il, ajoutant que « nous considérons que tous les animaux morts sont des pertes directes ». L’ouverture du guichet de solde pour les aides FCO-3 est attendue cette semaine, pour des paiements « début février », selon la ministre de l’Agriculture. Concernant les indemnisations des pertes dues au sérotype 8, relevant du FMSE (fonds professionnel) pour les bovins, la FNB attend un dispositif qui « ressemble » à celui de la FCO-3. Enfin, « le sujet des pertes indirectes reste entier », note Patrick Bénézit, appelant à « trouver des solutions » pour « les vaches vides, qui ne feront pas de veaux ». En raison notamment des problèmes de fertilité provoqués par la FCO et par la MHE (maladie hémorragique épizootique), les naissances se sont effondrées de 8 % sur un an depuis le début de la campagne 2024-2025 (juillet-novembre), soit 97 000 veaux en moins, selon l’Idele.