Quel succès pour le ministère de l’Agriculture ! Empêtré dans un difficile problème de gestion des quotas de pêche, Michel Barnier s’en consolera peut-être en se disant qu’il laisse un ministère suscitant bien des envies. On ne compte plus, en effet, ses collègues qui voudraient le remplacer. Son départ est programmé début mai, en raison de sa candidature aux élections européennes de juin. Et de son rôle de coordonnateur de l’UMP pour cette échéance qui s’annonce délicate pour la majorité. Pressentis ou carrément candidats, les postulants au ministère de l’agriculture et de la pêche sont légion : Hubert Falco, Luc Chatel, Laurent Wauquiez tiendraient la corde ; Christine Boutin se dit candidate aussi, tandis que le nom de Roselyne Bachelot est apparu, de même que celui de Christian Estrosi et encore de quelques autres moins médiatiques mais non moins candidats. Une chose est sûre : la décision se prendra au dernier moment par Nicolas Sarkozy, en fonction de dosages politiques et préférences de nature complexe. Les pronostics n’ont pas plus d’intérêt qu’une discussion de café du commerce.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le plus intéressant est de réfléchir à ce qui motive un tel engouement inédit. Peut-être le fait d’être en charge d’un ministère dont le contenu n’intéresse que peu Nicolas Sarkozy. On fait des choses et on a la paix du côté de l’Élysée. Plus sûrement le fait que l’agriculture est redevenue un vrai enjeu politique et stratégique pour le pays, quand bien même la Pac s’étiole. On y traite de l’alimentation, de recherche, de santé des Français, d’aménagement du territoire et d’enseignement. Sans conteste, de plus, Michel Barnier aura contribué à redonner des lettres de noblesse à ce ministère en le hissant au niveau des grands sujets de société, en « relevant la ligne d’horizon » comme il aime le dire.