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Rural Au Cameroun, la filière cacao s'organise pour soutenir les petits paysans

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L'Etat camerounais et ses partenaires veulent placer les paysans au centre de la filière cacao café. Une tentative d'organisation à laquelle est associée l'Afdi, la branche d'aide au développement de la FNSEA.

L'ASSOCIATION de solidarité internationale, AFDI (Agriculteurs français et développement international) fête ses 10 ans de partenariat avec la Conaprocam, la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun. Au Cameroun, l'Afdi s'investit auprès des paysans en soutenant leurs organisations, leurs unions de villages pour créer à terme des coopératives. Concrètement, l'action de l'Afdi vise à renforcer l'équipe technique de la plus importante organisation de producteurs, la Conaprocam, qui compte 15 000 producteurs dont 25% de femmes cultivant en moyenne 2,3 ha de cacaoyers. Par l'intermédiaire de l'Afdi, la Conaprocam a noué un partenariat avec un chocolatier de Besançon et envisage de nouveaux partenariats avec des chocolatiers et des transformateurs français en 2014. L'Afdi intervient auprès des petits paysans pour mieux négocier les plants de cacao, les prix de vente de fèves de cacao, les intrants auprès des acheteurs et des grands groupes multinationaux…

110 millions d'euros

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Conscient de l'importance de ce partenariat entre la Conaprocam et l'Afdi dont les objectifs finaux sont d'améliorer la défense des intérêts des producteurs de cacao et de café, d'augmenter la production en quantité et en qualité, de développer la commercialisation et la valorisation du cacao, l'Etat camerounais a décidé, pour les 6 prochaines années, d'injecter 110 millions d'euros dans la filière Cacao Café. Selon Pierre Etoa Abena, conseiller technique à l'Office National du Cacao et du Café du Cameroun, « l'Etat cherche à faire de la Conaprocam une entité viable et un leader au niveau des organisations paysannes ». Pour les six prochaines années, les objectifs du gouvernement sont  d'améliorer la protection du verger, la lutte phytosanitaire avec l'introduction d'engrais biologiques ou chimiques,  de renouveler les plantations existantes – le verger national de cacao est composé de 50% à 75% de vieilles plantations –, de renforcer la commercialisation via les ventes groupées, d'augmenter le rendement des petites exploitations de cacao de 200 kg/ha à 800 kg/ha,  de favoriser la création de petites unités de transformation, d'introduire, à court terme, des IGP (indications géographiques protégées) pour le cacao pour mieux mettre en valeur les régions les plus performantes et accroître l'exportation. 30 millions € de crédits vont être injectés pour la commercialisation du cacao et du café (national et export), et 80 millions € de prêts directs pour la production et la transformation (aide à l'achat d'intrants, à la création de petites unités de transformation). Ce plan de relance doit permettre à la Conaprocam d'exporter  des volumes plus importants en fèves de cacao, d'ici trois ans, de l'ordre de 10 000 tonnes à 25 000 tonnes. En 2013, le potentiel de production en cacao de la Conaprocam était de 10 000 tonnes dont 1500 tonnes vendues de manière groupée via des fédérations.