Malgré une légère baisse des volumes, l’AOP bretonne a bénéficié de meilleurs prix en 2023. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 9 %, elle entend investir dans la contractualisation, sans pour autant abandonner le cadran
L’AOP Cerafel a assuré un chiffre d’affaires de 457 millions d’euros en 2023, en progression de 9 % d’une année sur l’autre, a-t-il été indiqué au cours de son assemblée générale le 20 juin. Les légumes (Prince de Bretagne) se taillent toujours la part du lion avec 349 millions d’euros de recettes. Le reste du chiffre d’affaires est assuré par les plants de pommes de terre (77 millions d’euros) et l’horticulture (31 millions d’euros). « C’est une année positive au global, constate Marc Kerangueven, président du Cerafel, interrogé par Agra Presse. N’oublions pas que ce chiffre est celui consolidé des OP partenaires (Sica St Pol de Léon, Maraîchers d’Armor, Terre de Saint-Malo, La Bretonne et Plants de Bretagne), donc celui des producteurs qui les composent ». Cependant, le président de l’AOP apporte une nuance au tableau : « Nous avons connu une légère baisse en volumétrie par rapport à 2022, avec 609 000 tonnes. Cette perte m’inquiète car disposer de volumes conséquents permet d’entretenir une relation commerciale régulière et sur le long terme avec les distributeurs qui, si non, seraient tentés de se tourner vers d’autres origines européennes ».
Développer de nouveaux créneaux de vente
La tempête Ciaran est en partie responsable (15 % de pertes en chou-fleur par exemple). Mais le Cerafel déplore également des rendements moindres sur certaines variétés peu affectées (tomate, échalote) et des surfaces en retrait pour le chou-fleur, la pomme de terre et les haricots. Pour l’année en cours, la prudence est de mise : « La tempête Ciaran aura certainement un impact sur le chiffre d’affaires 2024, estime Marc Kerangueven. La reconstruction des outils en culture sous abris en Finistère vient tout juste de s’achever. Ce sont six mois de perdus ».
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Pour conforter ses positions, l’AOP bretonne réfléchit à la fois sur le développement des volumes et la rémunération des producteurs. Opérationnelle depuis fin 2023, une nouvelle endiverie devrait permettre d’atteindre, dès la saison prochaine, les 6 000 tonnes. L’AOP cherche à diversifier ses flux commerciaux, à côté du cadran où passent 55 % des volumes : « Nous avons pris la mesure de contractualiser 30 % de la volumétrie annuelle par le biais de contrats rémunérateurs qui assurent un prix fixe pour une filière soumis aux aléas climatiques et la fluctuation des coûts. Mais sans verser dans l’excès, car il faut aussi penser au consommateur », explique Marc Kerangueven qui considère la perspective de « prix planchers » comme vecteur d’augmentation de l’importation.