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Institut de l’élevage Au mieux, 30 000 exploitations laitières en 2035

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La restructuration laitière qui se manifeste par une diminution du nombre de producteurs ne peut être compensée que par l’installation de nouveaux éleveurs. Dans les perspectives les plus favorables des différents scénarios étudiés par l’Institut de l’élevage, avec 1 200 installations laitières par an, il ne resterait que 30 000 producteurs de lait en 2035 au regard des 90 000 présents sur le territoire aujourd’hui. Et le modèle d’exploitation à la française tendrait de plus en plus vers le gigantisme danois.

L’érosion du nombre de producteurs de lait en France semble inéluctable. Au mieux, il resterait 30 000 éleveurs en 2035, selon les scénarios de l’Institut de l’élevage, présentés le 28 septembre. Dans cette logique, les exploitations laitières françaises sont-elles condamnées à suivre la voie du gigantisme ? Dans un dossier intitulé La France laitière 2015 présenté le 28 septembre, l’Institut de l’élevage prévient : la France de 2035 risque même de ne compter que 20 000 exploitations si une politique efficace d’installation n’est pas menée. Pour assurer les livraisons françaises actuelles, la dimension des exploitations à atteindre serait de l’ordre de 1,5 million de litres. C’est-à-dire la taille prévue par les exploitations danoises dès 2015. Si une politique d’installation forte permettait de maintenir 30 000 élevages, ceux-ci devraient atteindre la dimension qu’ont les éleveurs danois… d’aujourd’hui à savoir 900 000 litres de quotas.

Le poids de la démographie
Jusqu’à présent, avec un rythme de restructuration inférieur d’un tiers à la moyenne européenne, la France a pu conserver un grand nombre d’exploitations par rapport à ses voisins. Mais l’érosion du nombre d’élevages laitiers, qui est passé de 150 000 en 1995 à 90 000 en 2009, semble inévitable. Le facteur démographique s’il n’est pas le seul déterminant de l’évolution du nombre d’exploitations, joue un rôle essentiel. L’immense majorité des chefs d’exploitation laitière de 2015 est déjà en place. « L’arrêt de l’activité de certains d’entre eux est très prévisible », précisent les auteurs de l’étude. « Et il existe des éléments précis pour estimer l’arrivée de nouveaux producteurs du moins dans un contexte stable ». « Le vieillissement important de la population des chefs d’exploitation à l’horizon 2015 » est acquis, selon l’institut de l’élevage. La fin des quotas en 2015 sera donc gérée par des éleveurs en fin de carrière.

Politique de remplacement
La seule possibilité pour infléchir la diminution sans fin du nombre de producteurs ne peut venir que des « entrées » dans le secteur, à savoir l’installation.
Avec une poursuite tendancielle de la restructuration et en l’absence de toute politique d’installation, le nombre d’exploitations laitières ne serait plus de 20 000 en 2035. Ce chiffre s’obtient en considérant que l’on remplace un départ sur 5 comme depuis 2001.
Pour atteindre 20 000 expoitations en 2035, il faudrait que l’on maintienne le remplacement d’un départ sur cinq comme depuis 2001.
La diversité de la France laitière, déjà forte, pourrait s’accentuer encore. En 2035, on aurait 8 000 exploitations en montagne avec 300 000 litres produits en moyenne ; et 22 000 exploitations de plaine avec un peu plus de 900 000 litres de production. Ces différences territoriales pourraient s’exprimer de façon beaucoup plus importante dans un contexte économique défavorable, souligne l’Institut de l’Élevage. La crise laitière que subit la filière laissera des traces.

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