Attendu par la FNSEA sur le sujet, le président de la République a indiqué qu’il visait un maintien de l’enveloppe française pour la prochaine Pac. Sa visite a été marquée par les atermoiements autour de sa rencontre avec la Coordination rurale, et les craintes qu’il a partagées d’un rétropédalage sur le MACF, provoquant la colère des associations spécialisées de la FNSEA.
À l’occasion de sa rencontre avec la FNSEA et les Jeunes agriculteurs au Salon de l’agriculture, le 21 février, le président de la République, Emmanuel Macron a annoncé qu’il défendra, dans le cadre des négociations du cadre financier pluriannuel de l’Europe (CFP) et du budget de la prochaine Pac, un maintien de l’enveloppe allouée à la France, ont indiqué les professionnels et l’Élysée. « Nous avons obtenu une amélioration substantielle de la copie l’année dernière, et nous voulons pouvoir dire aussi que les revenus pour nos exploitants agricoles seront garantis dans la prochaine Pac. Et c’est à la fois dans la discussion européenne et dans le budget français, avait déclaré le président, lors de l’inauguration plus tôt dans la matinée ».
En l’état des discussions, et malgré la récente rallonge proposée par la Commission européenne, l’enveloppe Pac de la France est annoncée en baisse de 13 %. « Il faut garantir le revenu mais aussi se battre pour obtenir les montants pour moderniser nos exploitations agricoles et notre industrie agroalimentaire », a poursuivi le président. Lors de la visite d’une ferme il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s’était dit favorable à des « objectifs de production européens ». L’Élysée précise que leur déclinaison technique est encore ouverte. Cela pourrait mobiliser les programmes opérationnels (PO) pour certaines filières, ou le fonds pour la compétitivité en ce qui concerne les engrais.
Rendez-vous sur rendez-vous
La visite du président a été marquée par sa rencontre avec les contestataires de la Coordination rurale (CR), qui avaient pourtant d’abord refusé l’invitation. Avant de couper le ruban, le chef de l’État a dit vouloir rencontrer les syndicats « qui le souhaitent », appelant à l’unité face aux crises qui secouent le monde agricole. La Confédération paysanne, qui a tout de même son stand au salon, a réitéré son boycott de toutes les rencontres présidentielles, dénonçant une « cogestion insupportable » entre le gouvernement et l’alliance FNSEA-JA. Mais la CR a ouvert la porte à une rencontre commune avec « tous les syndicats » même si elle refuse de « s’afficher » avec Emmanuel Macron sur un « salon de la souffrance » agricole.
L’Élysée a finalement annoncé en milieu de matinée une rencontre entre le président de la CR Bertrand Venteau et Emmanuel Macron, sans les autres syndicats et avec José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, fief historique du syndicat dans le Sud-Ouest particulièrement adepte des actions coup de poing. « Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais, ça fait deux ans qu’on porte les mêmes choses, il a juste à les mettre en application », a déploré Bertrand Venteau à la sortie du rendez-vous. Cette réunion a été confirmée par l’Élysée, où elle doit se tenir, mais sans date précise.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Quelques jours après la visite du président, l’ensemble des associations spécialisées du secteur des grandes cultures de la FNSEA, à savoir l’AGPB (blé), l’AGPM (maïs), la CGB (betterave), l’UNPT (pomme de terre) et la FOP (oléagineux et protéagineux) ont fait part de leurs inquiétudes après leurs rencontres avec le président de la République. « Des promesses ont été faites. Le 7 janvier, le président tweetait qu’il y aurait suspension de dispositif MACF pour les engrais. Ce samedi, il nous a annoncé qu’il n’y aura pas de suspension de MACF », rapporte Eric Thirouin, président de l’AGPB.
Interrogé, l’Élysée ne confirme pas l’information. Selon ses services, le président de la République a toutefois indiqué que ce dossier « n’était pas gagné au niveau européen ». En janvier, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic s’était engagé à ce qu’une fois adopté par les colégislateurs – d’ici le mois de février – la suspension du MACF puisse entrer en vigueur de manière rétroactive au 1er janvier 2026. Et l’AGPB de poursuivre : « Le gouvernement nous dit qu’ils essaieront de trouver une compensation. Comment ? On ne sait pas ! »
MR
Mathieu Robert