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Au Sommet, Barnier fait des promesses à préciser

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Pour sa première sortie dans le monde agricole, le Premier ministre a promis des prêts garantis et une « pause sur les normes ». Deux annonces à préciser.

Alors que de nombreuses productions sont en crise (céréales, viticulture, ruminants, etc.), le Premier ministre a annoncé vouloir mettre en place des prêts garantis par l’État lors de sa visite au Sommet de l’élevage le 4 octobre. « Avec les banques disponibles – il y en a beaucoup qui sont partenaires du monde agricole –, nous allons organiser ce dispositif de prêts à taux garantis par l’État pour les exploitations qui en ont besoin », a-t-il déclaré à la presse, d’après l’AFP. La FNSEA porte cette demande depuis plusieurs mois pour renflouer les trésoreries des exploitations en difficulté ; cet été, Marc Fesneau, alors ministre de l’Agriculture, avait indiqué vouloir plancher sur le sujet avec les banques.

Dans une situation budgétaire serrée, avec des objectifs de réduction des dépenses ambitieuses, Matignon avait prévenu dans la semaine qu’il ne serait pas prêt au Sommet de l’élevage pour présenter cette mesure, et qu’il faudrait au gouvernement quelques jours de plus, indiquait-on. Le projet de loi de finances pour 2025 était attendu le 10 octobre. Dans un communiqué commun paru en soirée, la FNSEA et les JA rappellent que la mise en place de Prêts garantis par l’État était une « demande forte » des deux organisations, mais qu’elles attendent « rapidement des précisions sur ce dispositif, en particulier sur l’impact de cette annonce sur les taux d’emprunt de trésorerie et sur le calendrier de mise en place. »

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« Faire une pause »

Interrogé sur France 2 à la veille de son déplacement, le Premier ministre Michel Barnier a aussi promis de « faire une pause sur les normes » pour « encourager » les agriculteurs touchés par les crises. « Ces agriculteurs qui sont touchés par des crises sanitaires, des mauvaises récoltes, méritent d’être encouragés. Ils en ont ras le bol. Ras le bol des contraintes, des règles et des contrôles. Donc on va faire une pause sur les normes », a-t-il déclaré. « Ils travaillent beaucoup de manière vitale pour faire vivre, pour nourrir les Français avec de la nourriture saine, équilibrée, diversifiée, traçable », a souligné Michel Barnier. Que faut-il comprendre derrière cette idée de « pause » ? Une suspension temporaire de l’application de certaines normes, comme ce fut le cas pour l’an passé pour le contrôle de l’épandage de pesticides par les arboriculteurs en période de floraison ; ou bien une pause dans la création de nouvelles normes, ou de leur éventuel durcissement. « C’est une volonté politique, à ce stade, mais forte », indique-t-on à Matignon.

Le lendemain, au Sommet de l’élevage, Michel Barnier a annoncé le report du 1er octobre au 15 novembre du délai fixé « pour l’ensemble des travaux d’épandage dans les exploitations agricoles » : une mesure présentée comme de bon sens alors que les champs sont actuellement « gorgés d’eau », empêchant les travaux dans de nombreux départements.

Des prêts « pour les exploitations qui en ont besoin »