Auchan Retail France, société de l’enseigne de distribution Auchan, commercialisera dès le 1er semestre 2018 des poissons d’élevage nourris à la farine d’insectes, a-t-il annoncé le 17 octobre en signant un partenariat avec la jeune entreprise Innovafeed, qui est en train de construire une usine de farine de larves d’insectes dans le Nord. Une nouvelle valorisation en perspective pour les coproduits de sucreries et d’amidonneries et de nouvelles activités pour la pisciculture.
Innovafeed, société de 25 personnes, hébergée au Génopole d’Évry, est en train de mettre au point l’alimentation des insectes à partir de matières premières issues de l’agro-industrie : par exemple, des pulpes de betteraves des sucreries et des solubles de distillerie des amidonneries. Cette nouvelle utilisation ne devrait pas assécher le marché de ces matières premières. « Il y a suffisamment de matières premières pour cela, parce que le débouché de l’élevage est en baisse », a commenté Clément Ray, président d’Innovafeed. Du coup, elles sont de plus en plus méthanisées.
Une utilisation cinq fois plus valorisante que la méthanisation
L’utilisation en substrat alimentaire pour les insectes est cinq fois plus valorisante que la méthanisation : 500 € par tonne de matière, contre 100 €, selon Clément Ray. C’est délibérément qu’Innovafeed « a choisi de s’implanter au cœur du plus grand gisement de coproduits céréaliers européen », a-t-il ajouté. L’usine, qui sera inaugurée fin novembre à Gouzeaucourt près de Cambrai, devrait produire 1 000 tonnes de farine d’insectes par an à pleine capacité.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans le partenariat qui vient d’être signé entre Auchan Retail France et la jeune entreprise, le distributeur a référencé deux pisciculteurs des Hauts-de-France, qui produiront des truites, a signalé quant à lui son responsable de la poissonnerie, Jacques Le Cardinal. Dans ces élevages de truites, la farine de poisson sera remplacée à hauteur de 50 % par la farine de larves d’insectes. La farine de poisson est incorporée à hauteur de 20 à 25 % dans les élevages classiques de pisciculture, et à hauteur de 60 % dans les élevages bio, selon Guillaume Gras, co-fondateur d’Innovafeed. En substituant la moitié de la farine de poisson par de la farine de larves, celle-ci représentera 10 à 12 % des composants de l’aliment pour poissons dans les élevages classiques et 30 % dans les élevages bio.
Quant à l’acceptabilité par le consommateur, elle devrait couler de source : d’une part, les truites se nourrissent d’insectes dans la nature, d’autre part préserver les ressources de protéines mondiales, qui se raréfient, est une initiative responsable, a commenté Jacques Le Cardinal. D’autant plus que la fabrication des farines de poisson sollicite 30 % de la pêche mondiale, a ajouté Clément Ray.
Innovafeed a choisi de s’implanter au cœur du plus grand gisement de coproduits céréaliers européen