Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a des « doutes sérieux quant à l’offre (de la filière) vinicole » présentée dans le cadre de la proposition commune d’autorégulation de l’étiquetage (ingrédients, déclaration nutritionnelle) soumise le 12 mars dernier par le secteur des boissons alcoolisées (vin, spiritueux, bière, cidre et vins de fruits) à la demande de la Commission de Bruxelles (1). « Une solution européenne doit pouvoir répondre aux attentes des consommateurs », estime-t-il dans sa réponse, datée du 16 juillet, à un courrier que lui ont adressé 25 eurodéputés pour défendre la position spécifique de la filière du vin détaillée en annexe de la proposition commune. Proposition que ses services évaluent « à la lumière des dispositions et des principes généraux du règlement de 2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires et des conclusions du rapport de la Commission de 2017 en la matière » (2).
Vytenis Andriukaitis devrait visiter, le 3 septembre à Carcassonne (sud de la France), une exploitation et une coopérative vinicoles, afin d’être informé sur le terrain des difficultés rencontrées pour indiquer les ingrédients dans ce secteur (3).
De réticences prévisibles
Les professionnels du secteur vinicole étaient conscients des réticences des services européens (4). Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) semblent donc prêtes à prendre l’engagement de faire figurer les calories sur l’étiquette et de continuer à travailler sur la liste des ingrédients en commençant à tester les solutions dématérialisées.
Une position que ne partagent pas certaines organisations sectorielles qui souhaitent plutôt intégrer le dossier dans les négociations sur la Pac post-2020, même si celles-ci s’annoncent très longues, avec le risque d’assister à une accumulation de mesures nationales en matière d’étiquetage
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Vytenis Andriukaitis et son collègue chargé de l’agriculture, Phil Hogan, ont déjà averti que, si l’exécutif européen « devait juger insatisfaisante » la proposition commune d’autorégulation de l’étiquetage des boissons alcoolisées, il « procéderait à une évaluation d’impact pour examiner d’autres options disponibles ».
De son côté, l’association des brasseurs de l’UE (The Brewers of Europe) a fait savoir le 9 juillet qu’elle « intensifie son engagement volontaire en matière d’information des consommateurs, recommandant à toutes les brasseries de lister les ingrédients et les calories sur les étiquettes des contenants préemballés ».
(1) Voir n° 3636 du 19/03/18
(2) Voir n° 3587 du 20/03/17
(3) et (4) Voir n° 3649 du 18/06/18