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Avec la pyrogazéification, Cristal Union compte accélérer la décarbonation de son activité

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GazoTech possède un site de pyrogazéification dans l’Aude. Crédits : © GazoTech

Le groupe coopératif Cristal Union a annoncé sa prise de participation, à hauteur de 20 %, dans le capital de la start-up nantaise GazoTech, spécialiste de la pyrogazéification. Un procédé dont l’un des coproduits, le biochar, s’affiche comme une piste prometteuse pour décarboner les activités agricoles.

Chez Cristal Union, la trajectoire pour les années à venir est tracée : réduire de 23 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, par rapport à 2019, et atteindre l’autonomie énergétique de ses sucreries en 2050. En annonçant, le 13 mai, sa prise de participation à hauteur de 20 % dans le capital de l’entreprise nantaise GazoTech, créée en 2019 et spécialiste de la pyrogazéification, le groupe coopératif sucrier dessine ainsi une nouvelle voie pour accélérer la décarbonation des activités de ses adhérents agriculteurs. 

Le biochar, un amendement aux multiples vertus 

Comment ? En leur proposant un nouvel amendement, le biochar, un charbon d’origine végétale, capable de séquestrer, pour chaque tonne épandue, jusqu’à 2,5 à 3 tonnes d’équivalent CO2 et ce, pour plusieurs siècles. Le biochar est l’un des coproduits de la pyrogazéification. Ce processus thermochimique consiste à chauffer, à très haute température, entre 400 et 1500°C, de la biomasse solide résiduelle (déchets forestiers, déchets agricoles...) en présence d’une faible quantité d’oxygène, dans le but de produire du biogaz. Un procédé qui émet peu de CO2 et possède un très haut rendement énergétique. La pyrogazéification permet ainsi de valoriser des déchets résiduels secs, souvent destinés à l’incinération ou l’enfouissement, en énergie verte qui peut se substituer au gaz naturel dans les procédés industriels et dans le réseau gazier. 

De fortes ambitions pour les deux partenaires

Les deux partenaires se disent impatients de travailler ensemble. « Pour soutenir un nouvel acteur innovant à la technologie prometteuse et pour accéder à un coproduit de très haute qualité agronomique », note Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. De son côté, Maël Disa-Vingataramin, directeur général de GazoTech, compte sur cette première levée de fonds pour « réaliser notre prochaine phase de croissance et de développement et ainsi, poursuivre notre mission de décarboner l’industrie et l’agriculture. » 

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Pour l’heure, GazoTech a, en tant qu’équipementier, déjà installé deux sites de production. « Chez un maraîcher près de Brest (Finistère) pour chauffer ses serres et à la Cavale (Coopérative agricole des viticulteurs et agriculteurs de Limoux et des environs), dans l’Aude, précise Christophe Serpeau, directeur du développement de GazoTech. Dans le premier cas, le site absorbe près de 850 kg de matières solides par heure, essentiellement du bois, pour une production de 2,5 Mégawatt thermique par heure. À la Cavale, la production est de 1,2 Mégawatt pour 400 kg de matières consommées par heure. » Si GazoTech n’est pas l’unique entreprise à proposer cette technique de pyrogazéification à l’échelle nationale, elle est en revanche la seule, assure Christophe Serpeau, à avoir deux sites en production. Pour la start-up nantaise, cette levée de fonds devrait permettre de multiplier les projets dans les années à venir.