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Avec l’acquisition de Capestone, LDC se déploie au Royaume-Uni

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Philippe Gélin, DG international et export de LDC (LDC)

Le groupe de volaille LDC met un pied sur le territoire britannique avec le rachat d’une part majoritaire du capital de la société familiale Capestone. Cette entreprise est spécialisée dans la volaille plein air et bio, et écoule l’essentiel de sa production dans la grande distribution. Elle affichait en 2020 un chiffre d’affaires d’environ 32 millions d’euros et une marge d’Ebitda de 10 %, supérieure à celle de LDC (8,1 % sur son dernier exercice 2020/2021). Une opération de croissance externe qui pourrait ne pas rester isolée pour le groupe. Les consommateurs britanniques sont demandeurs de produits locaux, un mouvement qui s’est amplifié depuis le Brexit. Philippe Gélin, directeur général international et export de LDC, commente l’opération pour Agra Alimentation.

LDC, le numéro un de la volaille française et parmi les leaders européens, met un pied outre-Manche. À l’occasion de la publication le 6 octobre de ses comptes semestriels, le groupe a annoncé l’acquisition de la société Capestone, au Pays de Galles, un spécialiste de la volaille plein air et bio dédiée au marché anglais. « Nous connaissions déjà cette entreprise familiale et nous avons regardé le dossier lorsque les propriétaires ont décidé de vendre. C’était en septembre 2020, l’opération a été finalisée récemment et la société est consolidée dans les comptes au 1er octobre. Les vendeurs ont été convaincus par le modèle de production de LDC et par le fait que le groupe laisse l’autonomie aux dirigeants en place dans les entreprises qu’il acquiert », souligne Philippe Gélin, directeur général international et export. LDC a racheté 75 % du capital de Capestone, le solde se répartissant entre les mains de la famille du fondateur Justin Scale pour 20 %, et du directeur général Rob Cumine, qui reste aux commandes pour 5 %. Le montant de la transaction n’est pas dévoilé.

Distribution en ligne

L’entreprise qui est notamment le fournisseur exclusif de Marks & Spencer, écoule les deux tiers de son activité dans la grande et moyenne distribution et le tiers restant via les entreprises de vente sur internet de type Ocado ou Amazon. « Un réseau sur lequel LDC est peu présent et qui nous intéresse », confie Philippe Gélin. En 2020, Capestone a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 32 millions d’euros (27,9 M£) avec une marge d’Ebitda de 10 %.  « Une société rentable, sur le modèle de ce que l’on trouve en Hongrie notamment et qui correspond bien au type d’acquisition que recherche LDC. Les ventes de Capestone viendront s’ajouter à celles déjà réalisées par LDC sur le marché britannique, autour de 70 à 80 millions d’euros sur le dernier exercice, malgré la Covid-19, essentiellement sur des produits de spécialités (canard, poulet jaune, coquelet, produits élaborés…). Nous pensons être capables de doubler l’activité dans les trois ans à venir, ne serait-ce qu’en saturant l’outil d’abattage de Capestone, actuellement utilisé à 50 % de ses capacités. Une enveloppe d’investissements est prévue pour accélérer la croissance et ainsi répondre à la demande des clients pour des produits d’origine locale. Nous allons nous employer à réussir ce plan à trois ans et ensuite le développer », détaille le directeur général.

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LDC va poursuivre les acquisitions

De quoi comprendre que LDC, toujours à l’affût d’une bonne opportunité, compte poursuivre ses développements outre-Manche, « suivant toujours la même stratégie du né, élevé et transformé dans le pays », insiste Philippe Gélin. Pour mémoire, au 28 février 2021, la trésorerie nette de LDC se montait à 123 millions  d'euros. Et il est certain que le marché britannique de la volaille offre un fort potentiel. « Depuis quatre ans, la volaille s’est beaucoup développée, en anticipation des effets causés par le Brexit, souligne le dirigeant. Et ce mouvement se poursuit. Actuellement, le Royaume-Uni est le deuxième producteur européen de volailles de plein air et bio, derrière la France. Et ce marché représente 5 % du total des volailles produites sur le territoire anglais. En France, cette part est de 16 à 17 % ». Capestone est un acteur historique sur le marché britannique de la volaille plein air bio, avec une part de marché de 7 %.