Laïta a inauguré le 1er décembre sa nouvelle usine de lait infantile pour laquelle il a mobilisé 80 millions d’euros. La coopérative du groupe Even se dote des moyens pour répondre à la demande croissante en lait en Chine, malgré une conjoncture peu favorable pour la poudre de lait.
Objectif Asie pour la coopérative Laïta. En inaugurant sa nouvelle usine poudre de lait à Créhen, dans les Côtes-d’Armor, la coopérative laitière d’Even va s’affirmer comme un acteur qui compte dans un marché mondial. « Notre nouvelle usine a une capacité de 30 000 tonnes de poudre mais nous comptons produire en 2018 environ la moitié de ce volume », explique Christian Griner, directeur général de Laïta. Et en 2019, l’usine devrait tourner à plein régime. Elle est complétée par un atelier de boîtage de lait en poudre d’une capacité de 15 000 boîtes par an, dont le volume d’activité va accompagner la montée en puissance de l’équipement de production de poudre.
La coopérative a investi 80 millions d’euros pour cette nouvelles usine, financée sur fonds propres et par des emprunts. La coopérative a été aidée par le département et la région (fonds Feder) à hauteur de 2,3 millions d’euros.
« C’est une belle opportunité pour nos éleveurs qui sont incités à augmenter leurs volumes afin d’alimenter l’usine de Créhen », affirme Christian Griner, qui ne souhaite pas faire appel à de nouveaux éleveurs. « Les volumes en plus vont permettre d’améliorer les revenus des éleveurs auprès de qui nous acquérons déjà le lait à un niveau de prix supérieur au marché », poursuit le directeur général. En 2016, Laïta a collecté 1,5 milliard de litres de lait et réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros, qui devrait être stable en 2017.
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Les nouvelles capacités en poudre de lait vont permettre surtout de servir l’ambition de la coopérative sur les marchés asiatiques. « La Chine est un marché très important pour le lait infantile en poudre estimé en 2016 à 760 000 tonnes par an, dont environ 30% sont importés », précise Christian Griner. Le marché chinois est très demandeur de produits importés dont la sécurité sanitaire est assurée, mais c’est un marché qui monte en gamme, selon Laïta. « A partir de janvier, la Chine modifie les conditions d’importation du lait infantile en renforçant ses exigences en matière de formulation et d’agrément des sites industriels », indique Christian Griner. La nouvelle usine permettra justement de produire de la poudre de lait écrémé premium, assure la coopérative, et de répondre aux attentes réglementaire et du marché local. Laïta possède déjà la connaissance dans ce domaine via son activité de poudre infantile qui représente 2500 tonnes par an.
Toutefois, pour pouvoir exporter vers la Chine, le site devra obtenir son agrément des autorités chinoises. Ensuite, les exportations vers l’Asie pourraient se faire à partir du deuxième semestre 2018. La coopérative pourra s’appuyer pour cela sur sa connaissance du marché puisque sa filiale Even Santé Industrie détient depuis un an un agrément chinois pour son site de lait infantile liquide (Agra Alimentation du 16 novembre 2016).
Le démarrage de l’usine intervient alors que les stocks européens de poudre de lait, au plus haut avec 380 000 tonnes, orientent les cours à la baisse autour de 1500 euros la tonne. « Nous avons bien conscience de la volatilité des cours mais nous comptons sur la demande mondiale qui est dynamique, surtout pour des produits de qualité », assure Christian Griner, qui affirme s’inscrire sur le long terme.