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Aviwell prête pour commercialiser sa technologie disruptive pour nourrir les poulets de chair

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Deux ingénieurs d'Aviwell préparent les bactéries qui vont contrôler la croissance des animaux Crédits : © Aviwell

  La start-up spécialiste de la microbiologie animale Aviwell accélère. L’entreprise qui développe des combinaisons de ferments microbiens destinés à optimiser la croissance animale espère lancer la commercialisation de ses solutions pour les poulets de chair en 2024.  

La start-up Aviwell, qui s’est fait connaître pour avoir développé une technologie permettant de faire du foie gras sans gaver d’oie, a aujourd’hui fait la preuve scientifique de la nouvelle écologie bactérienne qu’elle a découverte : une « nouvelle recette », vulgarise le scientifique et cofondateur de l’entreprise Rémy Burcelin, qui permettrait de réduire de 5 à 10 % la ration des poulets de chair pour obtenir la même croissance de l’animal.

Aviwell « utilise des outils de traitement des données et des algorithmes permettant d’identifier et d’adapter naturellement le microbiote intestinal des animaux d'élevage pour contrôler leur croissance. Par exemple, la plateforme de découverte du microbiome d’Aviwell est capable d’identifier et reproduire des communautés bactériennes naturelles ayant un impact positif sur le développement du métabolisme énergétique et sur l’assimilation de l’alimentation animale, permettant ainsi de contrôler la croissance et la performance des animaux d'élevage », explique l’entreprise.

Aviwell, qui a levé 1,6 M€ en 2021, finalise en ce début 2023 « une nouvelle levée de fonds privées qui va s’additionner aux 5 M€ obtenus en 2022 auprès de Bpifrance et l’EIC », indique Rémy Burcelin. De quoi permettre à la start-up de définir les procédés de production des combinaisons bactériennes afin de les fournir aux industriels du poulet, ses futurs clients.

De multiples applications potentielles

La commercialisation future des licences d’exploitation de la technologie développée pour les poulets de chair - « probablement au Brésil et aux États-Unis dans un premier temps », précise le cofondateur – ne sera qu’une première étape dans le développement de la société. Celle-ci envisage également de travailler sur les marchés du porc, de l’aquaculture ou même du petfood. « La plateforme qui utilise nos algorithmes d’intelligence artificielle hybride, nous permet de décrypter les codes de la Nature. Ainsi, nous pourrions imaginer trouver les bonnes combinaisons pour élever des crevettes d’un certain poids, augmenter le taux d’acides gras et d’oméga 3 des poissons, allonger la taille des cuisses des dindes… », évoque le scientifique.

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Aviwell revendique toutefois une technologie au service de l’environnement. Selon Rémy Brucelin, l’utilisation de ferments bactériens pourrait permettre d’« obtenir un porc de poids équivalent avec une ration alimentaire réduite de 10 à 15 %. Cela signifie 10 à 15 % de cultures de maïs en moins, et autant d’eau et d’intrants économisés ». Pour aller encore plus loin pour promouvoir l’économie circulaire, la start-up travaille actuellement avec la société toulousaine H2Pulse, une start-up spécialisée dans l'accompagnement des entreprises sur les projets d'énergie hydrogène. Objectif : « transformer les déjections de poulets en hydrogène grâce à nos formulations ».