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Baisse de la consommation de bœuf et de porc au profit de la volaille d’ici 2031, prévoit Bruxelles

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En raison des changements dans les préférences des consommateurs, la consommation de viandes bovine et porcine devrait à l’horizon 2030 ralentir au profit surtout de la viande de volaille, considérée plus saine. Au niveau international, les exportations d’animaux vivants de l’UE devraient diminuer en raison surtout des préoccupations liées aux conditions de transport sur de longues distances.

Compte tenu de l’évolution de la sensibilisation des consommateurs à l’environnement et des considérations de santé, la consommation de viande par habitant dans l’UE devrait diminuer légèrement pour atteindre 67 kg en 2031 contre 69,8 kg en 2018, estime la Commission européenne dans ses dernières perspectives agricoles à moyen terme 2021-2031 publiées le 9 décembre. Suite au déclin du cheptel bovin de l’UE (-7 % soit 2,1 Mio de têtes d’ici 2031), la production de viande bovine devrait diminuer de 0,6 million de tonnes (-8 %) entre 2021-2031. Quant à la consommation de viande bovine de l’UE, elle devrait ainsi passer de 10,6 kg à 9,7 kg par habitant (soit -0,9 kg par habitant), suivant la tendance à long terme.

Concernant la viande porcine, la consommation au sein de l’UE par habitant devrait diminuer de 0,5 % par an, passant de 32,5 kg en 2021 à 31 kg en 2031, conformément à la tendance de la dernière décennie, prévoient les analystes de la Commission européenne. Sur le marché mondial, des incertitudes demeurent concernant le redressement et les interdictions dues à la peste porcine africaine. D’autre part, la Chine devrait avoir entièrement récupéré sa capacité de production d’ici 2026, réduisant ainsi considérablement sa dépendance à l’égard des importations. Cela devrait avoir un impact considérable sur les exportations de viande porcine de l’UE, qui sont pour l’instant principalement destinées à la Chine, prévient le rapport. Dans ce contexte, Bruxelles estime que la production de viande porcine de l’UE devrait diminuer de 0,8 % par an au cours de la période 2021-2031. Néanmoins, l’UE resterait le premier exportateur mondial avec une part de marché de 37 % en 2031, légèrement inférieure à sa part actuelle de 40 %.

La volaille préférée aux autres viandes

En raison d’une poursuite des changements dans les préférences des consommateurs, découlant d’une image plus saine de la volaille par rapport aux autres viandes (en particulier de la viande de porc), la consommation par habitant pourrait passer de 23,5 kg en 2021 à 24,8 kg en 2031. Bruxelles prévoit toutefois un ralentissement de l’augmentation de cette consommation passant d’une hausse de 2 % par an entre 2011 et 2021 à une hausse de 0,5 % entre 2021 et 2031.

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Quant à la consommation de viande ovine par habitant dans l’UE, elle devrait augmenter légèrement d’ici 2031 et atteindre 1,4 kg par habitant grâce à la diversification du régime carné et aux habitudes de consommation de la population de l’UE. La production devrait seulement augmenter de 0,3 % entre 2021-2031 pour atteindre 660 000 t, soutenue par la mise en œuvre d’un soutien couplé volontaire, une offre mondiale restreinte et une amélioration des prix pour les producteurs, explique le rapport.

Baisse des exportations d’animaux vivants

Sur le plan international, les exportations d’animaux vivants de l’UE devraient diminuer d’ici 2031 pour atteindre 38 000 t (soit -33 % par rapport à 2021), principalement en raison des préoccupations liées au bien-être des animaux lors des transports sur de longues distances et des risques financiers de certaines destinations commerciales. En 2022, les analystes de la Commission européenne estiment que les exportations de viande de l’UE devraient rattraper leur retard et atteindre 65 000 t en 2031. Le Royaume-Uni restera la principale destination et les échanges devraient rebondir après la baisse enregistrée depuis 2019, mais probablement pas au même niveau qu’avant le Brexit. Mais Bruxelles estime qu’il reste beaucoup d’incertitudes quant à l’impact possible d’un accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Australie/Nouvelle-Zélande sur les exportations de l’UE.