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Biotechnologies BASF décide d’arrêter les OGM en Europe

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BASF a décidé de mettre fin à ses activités de commercialisation et de développement d’OGM en Europe. Le groupe allemand fait le constat de l’absence d’acceptation des biotechnologies en Europe et décide donc de se recentrer sur l’Amérique et l’Asie. La pomme de terre Amflora dont la Commission européenne a autorisé la culture en 2010 ne sera donc plus cultivée au sein de l’UE à partir de 2013.

Le groupe BASF a annoncé, le 16 janvier, qu’il allait arrêter ses activités de développement et de commercialisation de toutes ses production OGM en Europe afin de se concentrer en Amérique du Nord et du Sud, là où se situe le marché des semences génétiquement modifiées, et sur les marchés en croissance d’Asie. Cette décision implique que le groupe allemand va cesser, dès 2013, de commercialiser Amflora, sa pomme de terre OGM (destinée à l’industrie de l’amidonnerie), autorisée en Europe en 2010. Avec le maïs MON 810 de Monsanto, ce sont les deux seules variétés génétiquement modifiées qui peuvent être cultivées dans l’Union européenne. Mais Amflora n’a de toute façon pas emporté l’adhésion : seuls 300 hectares ont été cultivés en Europe en 2011. « Nous sommes convaincus que les plantes génétiquement modifiées sont une technologie clef du XXIe siècle. Mais il y a un manque d’acceptation de cette technologie en Europe – de la part de la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des responsables politiques. Par conséquent, cela n’a pas de sens économique de continuer à investir dans des projets exclusivement destinés à ce marché », justifie Stefan Marcinowski, membre du directoire de BASF responsable des biotechnologies végétales.

BASF garde un pied en Europe

Cette décision intervient alors que la proposition de la Commission européenne de laisser le choix aux Etats membres de cultiver ou non des OGM autorisés au niveau européen sur tout ou partie de leur territoire est toujours sur la table des négociations. La présidence danoise de l’UE espère que les ministres de l’Environnement pourront parvenir à un accord politique sur cette question au mois de mars. Afin de maintenir toutes les options pour la production de pommes de terre, BASF assure poursuivre le processus d’approbation réglementaire pour les produits en voie d’homologation – comme les variétés OGM Amadéa et Modena destinées à l’industrie féculière et Fortuna résistante au mildiou. Mais, de toute façon, les pommes de terre OGM ne représentent pas un segment très important pour le groupe allemand (moins de 100 millions d’euros investis ces dix dernières années, sur un total de 1,2 milliard pour l’ensemble de la division biotechnologies). BASF table surtout sur sa coopération avec Monsanto pour développer des variétés de maïs, soja, coton et colza. Leur premier produit commun, un maïs résistant à la sécheresse, a été autorisé fin 2011 aux Etats-Unis. Et une variété OGM de soja résistant aux herbicides développé avec Embrapa a déjà obtenu un feu vert au Brésil et attend son homologation pour l’exportation.

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Cette nouvelle stratégie s’accompagne d’une restructuration qui verra le siège de BASF Plant Science être déplacé de Limburgerhof (Allemagne) vers la Caroline du Nord où le groupe possède déjà des installations. BASF prévoit la fermeture de ses sites de Gatersleben (Allemagne) et Svalöv en Suède. Par contre, les laboratoires de BASF à Berlin et Gand ne devraient pas subir cette restructuration. Bien que les conditions de culture de plantes génétiquement modifiées en Europe soient défavorables, il y a des instituts de recherche et des universités de classe mondiale à Berlin et à Gand, explique le géant allemand. Pour la Commission européenne, c’est un motif de satisfaction que les portes ne soient pas totalement fermées à l’innovation au sein de l’Europe. L’association écologiste Greenpeace a salué l’annonce du retrait de BASF comme une « victoire pour les consommateurs ». Même contentement du côté des Amis de la Terre pour lesquels c’est « un nouveau clou qui a été planté dans le cercueil des aliments génétiquement modifiés en Europe. Personne ne veut les manger et peu d’agriculteurs veulent les cultiver ».

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