BASF vise le double de surface en Clearfield colza, à 40 000 ha pour les semis 2015, enquête de satisfaction à l'appui. L'agrochimiste met en avant les atouts de cette technologie, sans nier les freins pour l'agriculteur.
« Notre enquête montre des bénéfices pour l'agriculteur, sur le plan technico-économique, de l'organisation du travail, mais aussi pour l'agroécologie », a souligné Sophie Babinet, responsables des cultures industrielles, le 16 avril en conférence de presse. 74 % des utilisateurs de cette technologie, alliant un herbicide de post-levée à des hybrides de colza qui lui sont tolérants, déclarent avoir réduit leur IFT (indice de fréquence de traitement). Cela confirme de précédents essais conduits par l'agrochimiste, montrant une baisse de 26 % de l'IFT herbicide l'année d'introduction, sans hausse dans la suite de la rotation. BASF chiffre l'économie de désherbage à 20 % en moyenne.
Autre résultat, 30 % des agriculteurs estiment qu'ils n'auraient pas pu cultiver de colza sur la parcelle en Clearfield sans avoir recours à une telle technologie, compte tenu des impasses techniques existantes. Et le groupe allemand de se présenter comme étant « au service des pollinisateurs et de la filière miel ». « Le maintien des surfaces de tournesol (aussi concerné par Clearfield, ndlr) et de colza est indispensable à la pérennité de la filière apicole française », a soutenu Pascal Lacroix, du département Développement durable, précisant qu'elles sont à l'origine des deux tiers de la production de miel.
Un marché potentiel de 500 000 ha
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Alors pourquoi Clearfield colza ne séduit-il pas un plus grand nombre d'agriculteurs ? Le marché potentiel est chiffré à environ 500 000 ha par BASF. « Dans trois à quatre ans, 90 % des semenciers français pourront proposer cette technologie », s'est avancé Jérôme Brun, responsable des comptes Semenciers. Aujourd'hui, seuls Dekalb et DSV ont une offre. Euralis Semences doit suivre cette année.Il y a certes un surcoût à l'achat de la semence, entre 10 et 20 euros par hectare. Mais le gain de rendement représente 10 %, d'après les indications fournies. Xavier Beulin, président de la FNSEA et également du groupe industriel et financier des filières huiles et protéines Avril, fait, lui, partie des convaincus. « Clearfield est une technologie prometteuse », affirme-t-il dans une vidéo de 2014, rediffusée lors de la conférence de presse (avec l'accord de l'intéressé, a précisé BASF). Un des avantages est « la lutte contre des adventices pas forcément traitées », selon lui.
Cela n'enlève pas un certain nombre de freins. Parmi eux, le changement de pratiques et la prise de risque associée. Les variétés rendues tolérantes aux herbicides se heurtent aussi à l'opposition d'associations, d'ONG, comme le déplore dans la vidéo Xavier Beulin, contestant leur argumentaire sur des « OGM cachés ». Pour BASF, les récentes destructions de parcelles d'essai sont le fait de « groupuscules » guidés par l'« obscurantisme ».