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Bassin du Cognac : validation d'un important programme de plantations

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Un important programme de plantations de vignes dans le bassin du cognac a été validé par le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer, a-t-on indiqué le 26 janvier à l’établissement public et à l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC). Il était très attendu par les professionnels, tant la demande de cognac et de vins mousseux est soutenue.

Le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer a validé des demandes d’autorisations de plantations de vignes dans le bassin du cognac pour des surfaces inhabituelles. Ces autorisations de plantations pour 2018 couvrent 1 500 ha en AOC Cognac, 1 ha en Pineau des Charentes, 15 ha en IGP Vins Charentais et 500 ha en vins sans indication géographique (VSIG) pour fabriquer des mousseux. Soit 2 016 ha de plantations nouvelles.

La demande de cognac à l’export repart

Ces autorisations significatives correspondent d’une part au démarrage d’une production de VSIG en France, en l’occurrence sur le marché prometteur des mousseux à base d’uniblanc, le cépage qui sert à la fabrication du cognac. Et d’autre part à un fort appel du cognac, très demandé à l’export (+ 10,7 % en volume 2017, et + 14 % en valeur). La progression du marché du cognac est très vive en Amérique du Nord, tandis qu’elle reprend en Chine (après un creux consécutif à la politique chinoise qui a mis fin en 2013 aux cadeaux luxueux) sur des gammes certes moins prestigieuses qu’avant mais sur des qualités moyennes-supérieures avec des volumes en hausse, précise l’UGVC. La consommation de cognac émerge en Afrique du Sud, Kenya, Nigeria.

Ces autorisations de plantations étaient très attendues depuis deux ans qu’existe le nouveau régime de plantations, en vigueur depuis le 1er janvier 2016. Elles ont été délivrées parce que le règlement européen Omnibus distingue désormais la vigne de VSIG classique de la vigne de VSIG servant de base à la production de cognac. Jusque-là, les deux segments de VSIG étaient confondus. Les investisseurs plantant de la vigne de VSIG classique devront s’engager à produire du VSIG jusqu’en 2030, comme l’impose la réglementation.

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« Ici nous sommes marqués par la crise viticole des années 1990 »

Il restera au ministère de l’Agriculture à apposer son cachet pour rendre effectives ces autorisations de plantations. Rappelons qu’autorisation ne signifie pas forcément plantation.

La validation de ce programme de plantations par le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer est un fait positif car il entérine l’accord entre les professionnels, accord qui ne coulait pas de source. En effet, autant les maisons de cognac et l’UGVC étaient motivées pour un programme substantiel de plantations, autant la FDSEA de Charente objectait que le cognac est un petit bassin, pouvant subir de plein fouet une crise de surproduction. « Ici nous sommes marqués par la crise viticole des années 1990 », rappelle le directeur de la FDSEA, et le temps n’est pas loin (2016) où les jeunes agriculteurs dénonçaient les « vautours du cognac » qui plantaient dans des vignobles à foncier peu onéreux pour arracher aussitôt pour replanter dans le bassin de Cognac.

L'export de cognac et la production en VSIG motivent les autorisations de plantation