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Communication Beau succès populaire pour Nature Capitale

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C’est sous un grand soleil que les Parisiens ont répondu massivement à l’invitation des Jeunes agriculteurs et de France Bois Forêt à prendre un bol de nature sur la plus belle avenue de monde, les Champs-Élysées, lors du week-end de Pentecôte. L’événement Nature Capitale, dont la scénographie est de l’ancien créateur de la Grande moisson, Gad Weil, à l’origine du projet, a attiré près de deux millions de Parisiens, visiblement heureux de voir leur avenue devenue toute verte. Même Nicolas Sarkozy s’est offert un bain de foule.

«On est tous des agriculteurs ! », a lancé le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, lors de l’inauguration, le 23 mai de l’opération Nature Capitale sur les Champs-Élysées transformés pour l’occasion en un morceau de campagne. Bruno Le Maire a donné le coup d’envoi, au milieu d’une foule impressionnante, de l’opération de charme de deux jours lancée par les Jeunes agriculteurs et France Bois Forêt à l’initiative du créateur de la Grande moisson, événement déjà vieux de 20 ans. Bruno Le Maire était accompagné du ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo et du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. « L’agriculture est au cœur de Paris. La forêt est au cœur de Paris (...), je souhaite que cela soit le symbole de notre conception de l’agriculture », a lancé Bruno Le Maire, soulignant une fois de plus que ce secteur ne devait pas être considéré « comme une activité latérale » mais devait être « au cœur de notre vie ». Une jolie formule pour un événement esthétique et symbolique (les Champs-Elysées habillés en vert) en manque de messages. Mise à part la présence de jeunes agriculteurs sur le parcours pour expliquer leur métier aux visiteurs curieux et la distribution de tracs intitulé « L’agriculture est capitale pour les générations futures », il n’était pas évident pour le visiteur de comprendre ce qu’il voyait en raison d’une signalétique peu présente et surtout d’un manque d’explications visibles sur les enjeux agricoles du moment. Pas de slogans liés d’une manière ou d’une autre à l’agriculture à l’exception du nom de l’événement « Nature capitale » Les petites maisons blanches le long de l’avenue, siglées « Nature capitale » n’étaient destinées qu’à vendre des essences de pins ou d’arbre ou des parties du plateau végétal. En effet, un tiers du budget de l’opération (plus de 4 millions d’euros) devait être bouclé grâce aux « essaimeurs » qui pouvaient, s’ils le souhaitaient, acheter des morceaux de parcelles.

Nicolas Sarkozy au chevet des agriculteurs
Mais où sont les agriculteurs ?, s’interrogeait une visiteuse, venue dimanche au plus fort de la cohue alors que trois quarts de l’avenue des Champs-Élysées étaient transformés en forêt. Il fallait patienter et fendre la foule jusqu’au bas de l’avenue pour espérer accéder à une parcelle de colza, de blé, de plants de bananiers ou de vignes, encerclées par des visiteurs de plus en plus nombreux. Ce qui n’a pas fait peur à Nicolas Sarkozy qui a lui aussi pris un bain de foule, avec comme interlocuteurs les syndicalistes agricoles qui l’ont accueilli, le 24 mai. « Vous avez vu tout ce que je fais en ce moment », a-t-il lancé. « Pour peser sur les prix nous on sera avec vous ! », a-t-il ajouté. A chaque arrêt, Nicolas Sarkozy a lâché une phrase de réconfort aux représentants d’un monde agricole actuellement dans une crise profonde. « Il faut, à un moment donné, venir voir, de quoi on a besoin », résume William Villeneuve, président des JA, qui a fait office de guide pour la visite du chef de l’Etat. Depuis la défaite de sa majorité aux régionales, Nicolas Sarkozy multiplie les signes et les déplacements en direction des agriculteurs, électorat traditionnellement à droite.
Il était en visite encore le 21 mai chez un producteur de fraises du Lot-et-Garonne quelques jours après avoir supervisé à l’Elysée la signature d’accords enjoignant la grande distribution à limiter ses marges sur les prix des fruits et légumes en cas de crise. Mais les visiteurs de cette manifestation retiendront que la plus belle avenue de monde s’est habillée de vert pour deux jours. Le reste est une autre histoire… que les organisateurs n’ont pas souhaité lui raconter.

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