Une cinquantaine de viticulteurs du Beaujolais ont été sévèremment condamnés le 17 mars par le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône (Rhône) pour avoir mis trop de sucre dans leur vin.
Les amendes prononcées par le tribunal allaient de 1 000 à 20 000 euros, bien au-delà des réquisitions. « C’est la stupeur. Ces peines sont ressenties comme éliminatoires : certains exploitants n’ont pas vendu leur vin depuis deux ans et mangent grâce au salaire de leur épouse, ces amendes peuvent les pousser à mettre la clef sous la porte », a déclaré Me Michel Desilets, qui défend 41 des viticulteurs, dont certains ont déjà manifesté leur intention de faire appel.
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Le parquet avait réclamé des amendes allant de 700 à 5 000 euros contre ces viticulteurs, et des peines de 12 et 15 mois de prison avec sursis, ainsi que 30 000 euros d’amende chacun contre deux intermédiaires qui achetaient le sucre au noir dans des supermarchés. Les deux intermédiaires ont finalement écopé d’un an de prison avec sursis, assorti de 35 000 euros d’amende pour l’un, et de six mois avec sursis, assortis de 18 mois de mise à l’épreuve et 25 000 euros d’amende pour l’autre. Les supermarchés bourguignons et savoyards qui avaient vendu le sucre sans facture ont été condamnés à des peines allant de 4 000 à 15 000 euros d’amendes, bien inférieures à celles demandées par le parquet. Le parquet avait requis de 50 000 à 100 000 euros d’amende pour les magasins et trois mois de prison avec sursis contre contre quatre directeurs impliqués dans le trafic.