Le comité d’experts scientifiques missionné par Santé publique France et l’Anses dans l’affaire dite des « bébés sans bras » a rendu son premier rapport le 11 juillet. Il confirme que les cas survenus en Bretagne sont problématiques, contrairement aux signalements dans l’Ain. Les investigations se poursuivent.
Le rapport était attendu par les familles. Le comité scientifique de Santé publique France a donné un premier avis, le 11 juillet, sur l’affaire des « bébés sans bras », du nom des naissances groupées d’enfants porteurs d’une anagésie transverse des membres supérieurs (ATMS) dans plusieurs régions de France entre 2011 et 2015. L’organisme public a vérifié les cas qui lui ont été signalés dans l’Ain, la Loire-Atlantique et le Morbihan. Pour le moment, seule la situation dans le Morbihan constitue un véritable « cluster » c’est-à-dire un regroupement anormal de cette maladie (supérieur au taux normal de 1,7 pour 10 000 naissances) dans une période de temps et un endroit donné.
Un cluster seulement dans le Morbihan
Le comité scientifique a ainsi « validé trois cas » d’ATMS, survenus dans la ville de Guidel, en Bretagne, sur une période 18 mois, entre 2011 et 2013. Ce regroupement anormal étant identifié, les experts ont demandé des investigations complémentaires, pour « approfondir la recherche d’éventuelles expositions communes ». Pour les autres régions, le comité scientifique n’a pas trouvé de cluster. Dans l’Ain, le comité a confirmé seulement six cas d’ATMS survenus entre 2011 et 2015 (sur les treize identifiés par le registre Remera, à l’origine de ces signalements), mais n’a pas conclu à l’existence d’un cluster, et ce « après une analyse statistique ». Par ailleurs, le comité n’a pas confirmé les cinq autres cas identifiés par Remera avant 2011, pour des raisons méthodologiques ; ces signalements « sont le fruit d’une recherche rétrospective » que le comité scientifique ne souhaite pas utiliser - le Remera n’ayant couvert l’Ain qu’à partir de 2011,
Revue de la littérature scientifique
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En Loire-Atlantique, où des cas avaient également été signalés, l’inexistence d’un registre des malformations a rendu le travail du comité scientifique plus compliqué. Il procède encore à « la collecte et l’examen des dossiers en cours », indique le rapport. Concernant les causes, le comité n’a pas encore tranché. Une revue de littérature de plus de 20 000 articles scientifiques a été lancée avec l’Anses, pour « rechercher et identifier de manière exhaustive les facteurs de risques liés à la survenue de réductions de membres congénitales », et évaluer la « plausibilité de l’implication des facteurs identifiés », dans le but de « générer éventuellement de nouvelles hypothèses ».
Évaluer la « plausibilité de l’implication des facteurs identifiés »
« Approfondir la recherche d’éventuelles expositions communes »