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Berl'Eyes, un nouvel outil de détection des larves d'altises grâce à l’IA

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Reconnaissances des altises (petit carré violet) sur un bac à l'issue d'un test Berl'Eyes. Crédits : © Terres Inovia

Lancée officiellement en mai prochain, l’application Berl’Eyes permettra d’automatiser le comptage des larves d’altises sur les plans de colza.

La gestion des altises, principal ravageur du colza, est un problème majeur des agriculteurs face aux résistances croissantes aux insecticides. Développée depuis 3 ans par Terres Inovia dans le cadre des projets Resalt (plan de sortie Phosmet) et AgroEcophen, avec plusieurs partenaires de la recherche, l’application Berl’Eyes sera lancée officiellement le 21 mai prochain. Elle permettra d’automatiser le comptage des larves d’altises sur les plans de colza pour savoir quand traiter. Cette technologie devrait se substituer à l’actuelle méthode Berlèse de comptage des larves à l’œil nu, qui est non seulement chronophage, mais aussi source d’erreur.

Cet outil innovant qui utilise l’intelligence artificielle (machine learning) de reconnaissance d’images « a été entrainé à ne reconnaitre que les larves d’altises et pas les cailloux et les feuilles notamment. L’étape de comptage et de reconnaissance se fait sur des larves de moins de 0,8 cm, l’équivalent au maximum d’un grain de riz. Et à partir d’une photo envoyée via l’application sur son téléphone, l’utilisateur obtient un résultat entre 15 et 30 secondes », explique Jean‑Eudes Hollebecq, ingénieur nouvelles technologies chez Terres Inovia. Lors des sorties de tests, Berl’Eyes affichait un niveau de précision jusqu’à 88 %. Un score qui ne pourra que s’améliorer à force d’entrainement de l’outil avec de nouvelles photos de terrain. 

Cet outil qui fait gagner du temps aux agriculteurs leur permet aussi des interventions plus raisonnées. « L’objectif est de faciliter la mesure, et donc de permettre de déclencher ou non un traitement phytosanitaire adapté en fonction du seuil réel d’infestation observé au champ. Le numérique est un levier pour favoriser la transition agroécologique en accompagnant les agriculteurs dans le raisonnement de leurs traitements phytosanitaires », ajoute Julie Auque, directrice de la data et de l'innovation numérique de Terres Inovia.

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Les altises arrivent sur le colza en entrée ou en sortie d’hiver, c’est-à-dire en octobre/novembre et février/mars qui sont les périodes sensibles où l’altise se reproduit et pond les larves. Cet outil sera gratuit et accessible en ligne pour les agriculteurs et payant pour les entreprises privées sans doute sous forme d’un abonnement en fonction du nombres de photos utilisées, afin de financer l’infrastructure et de continuer à enrichir l’outil.

Des évolutions à venir

Outre une utilisation sur le terrain, Berl’Eyes servira également pour la recherche et les expérimentations aux champs, notamment pour le phénotypages des plantes. « Les semenciers travaillent sur cette variable pour essayer d’identifier des différences génétiques entre les plantes, si elles sont plus ou moins sensibles à la ponte d’altises, toujours dans l’idée de trouver des alternatives aux traitements phytosanitaires », ajoute cette dernière. 

Et l’outil a aussi vocation à évoluer, notamment vers de la reconnaissance des stades larvaires et du suivi cartographique pour avoir des remontées en temps réel du taux d’infestation par régions, pourquoi pas couplé avec des données météorologiques, mais aussi de l’étendre à d’autres ravageurs. « Le sujet d’une évolution de l’outil est en cours de réflexion en interne pour déterminer vers quels ravageurs orienter nos nouvelles fonctionnalités. Cela sera en fonction des préoccupations majeures observées sur le terrain en France par nos métier internes, comme ça a été le cas pour l’altise du colza », termine Julie Auque.