Lors du congrès de la FNGDS, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Bernard Vallat, a dressé un tableau rassurant de l’élargissement de l’Union européenne en terme de risque sanitaire. « Il n’y a pas de problème par rapport aux 10 nouveaux Etats membres en matière de santé animale », lance t-il. Mais au-delà, les choses se compliquent. La Bulgarie et la Roumanie auront des difficultés à éradiquer la tuberculose et la brucellose, en raison, notamment, de l’existence de nombreux petits cheptels, explique-t-il. « L’adhésion rapide de la Turquie changerait le statut de l’Union européenne au regard de la fièvre aphteuse », poursuit le directeur de l’OIE, en raison de la présence de la maladie dans toute la partie asiatique du pays.
La large diffusion de la rage poserait également des problèmes, ainsi que l’apparition de nouvelles frontières externes (Caucase...) avec un statut sanitaire général « très défavorable ». L’adhésion de la Turquie nécessiterait ainsi des investissements « considérables » de la part de l’UE, estime Bernard Vallat.
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Au-delà de l’analyse purement géographique des risques sanitaires, le directeur de l’OIE a tenu à attirer l’attention des professionnels sur le recours de plus en plus marqué à la vaccination : « Les citoyens européens accepteront de moins en moins les abattages massifs (en cas d’épizootie, ndlr) ; il faut se préparer à accepter des schémas vaccinaux un peu plus souvent qu’avant », estime t-il. Et d’appeler enfin l’UE à « rattraper son retard », constatant que l’Europe investit moins en santé animale que les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie.