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Betadigitis lance un comparateur de pratiques agronomiques

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Hervé Escriou croit moins à l’agriculture de précision qu’à «l’agriculture de partage». C’est sur cette conviction que cet ancien directeur scientifique de l’institut technique de la betterave (ITB) a créé, avec un associé informaticien, la start-up Betadigitis à l’automne, et lancé dans la foulée une application mobile de comparaison des pratiques agronomiques, intitulé Sha Yo Fae.

Sur l’application, les utilisateurs renseignent pour chaque champ leurs itinéraires culturaux (date de semis, de récolte…), qui sont ensuite rendus disponibles à l’ensemble de la communauté d’utilisateurs.

L’appli est conçue comme un outil de benchmarking : l’utilisateur peut calculer des moyennes (par ex. de date de semis) sur une zone donnée, ou étudier un champ en particulier, au travers de l’historique complet de la parcelle. «L’idée, c’est d’apprendre. Je me suis rendu compte que les agriculteurs n’étaient pas toujours au courant de ce qui se faisait chez leurs voisins », explique Hervé Escriou (voir photo ci-dessous).

L’appli fait l’impasse sur le renseignement des données réglementaires, comme les molécules et les doses de phytos utilisées : «L’idée de l’outil c’est plutôt de sortir du mode de production actuel, de savoir comment un voisin a réussi à se passer d’un traitement ».

Le partage de pratiques est un domaine sur lequel lorgnent des applications comme Agrifind ou Agricommunity, basées initialement sur l’épidémiosurveillance collaborative, mais qui cherchent à se diversifier. Le service proposé par Betadigitis se veut plus poussé parce qu’orienté exclusivement vers la comparaison des pratiques agronomiques. Il est d’ailleurs payant (60 euros par an).

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Hervé Escriou envisage d’emblée un développement international, avec des versions accessibles dans de nombreuses langues. La France n’est d’ailleurs pas forcément son marché prioritaire. L’outil est destiné exclusivement aux productions végétales, plutôt orienté vers les grandes cultures, mais compatible avec l’arboriculture.

Son fondateur est actuellement à la recherche de partenaires, qui souhaiteraient faciliter la diffusion de cet outil auprès des agriculteurs, à travers le monde. « Mon business model est tourné vers l’agriculteur avant tout », explique Hervé Escriou, qui n’exclut pas une levée de fonds à l’avenir, même s’il affirme sa volonté de l’éviter si possible.

Mathieu Robert