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Betterave : Cristal Union renonce à son prix pivot de 27 €/t

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Cristal Union a confirmé, le 23 mai en AG de section Sainte-Emilie (Somme), ne pas garder le prix pivot de 27 euros à la tonne de betteraves pour les prochaines récoltes, cet engagement antérieur à la fin des quotas étant jugé « pas tenable ». « On ne veut pas promettre ce qu’on ne peut pas tenir », explique à Agra Presse Jérôme Fourdinier, président de la coopérative betteravière de Sainte-Emilie, au vu d'« une conjoncture sucrière très difficile ». Si la récolte 2017 est payée « 25 euros/t en cash et 2 euros/t en parts sociales d’épargne », pour 2018 « le prix minimum de 25 euros/t n’est pas maintenu ».

Le groupe coopératif s’était engagé début 2016 sur « un prix pivot envisagé de 27 euros à la tonne de betteraves » pour l’après-quota 2017. Un engagement sur trois ans, assorti d’un minimum de 25 euros/t, selon Jérôme Fourdinier.

Au final, Cristal Union annonce un prix moyen sur la dernière campagne de 28,34 euros la tonne de betterave contractée, incluant notamment les indemnités d’arrachage. Un niveau très proche de ce qu’a annoncé Tereos le 18 avril, à savoir un prix final de betteraves de 28,40 euros/t. Sauf que ce dernier conserve un prix minimum garanti de 25 euros/t pour la campagne 2018. Chez Cristal Union, le filet de sécurité est retiré.

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« En un an, le cours mondial du sucre a été divisé par deux, passant d’environ 22 cents/livre à moins de 11 », justifie Jérôme Fourdinier. Un « cataclysme » dans le secteur. Le groupe coopératif préfère « ne pas faire peur » à ses adhérents avec un nouveau prix pivot, qui risquerait d’être jugé trop bas, selon lui.

Autre décision, les investissements sont « réduits au minimum ». L’augmentation des capacités de la sucrerie de Bazancourt (Marne) est par exemple reportée. « Il s’agit de passer une zone de turbulence », déclare Jérôme Fourdinier, soucieux de « ne pas emmener le groupe vers une situation financière difficile ». « Cristal Union a les reins solides, avec un endettement assez faible », insiste-t-il.

« On ne veut pas promettre ce qu’on ne peut pas tenir »