La CGB (producteurs de betteraves, FNSEA) a alerté le 17 juillet sur l’expansion de la jaunisse virale dans les betteraves. L’hiver doux a été particulièrement favorable aux pucerons, vecteurs de la maladie. La situation 2025 agite le spectre de 2020, témoin d’une chute de 28,5 % des récoltes. L’état sanitaire des parcelles n’est pas rattrapable, précise la CGB. L’annonce du syndicat survient alors que la PPL Entraves, réautorisant l’acétamipride à titre dérogatoire et sous conditions, a été adoptée à l’Assemblée, contestée par une pétition ayant réuni près de 2 millions de signatures. Dans un article du Monde du 22 juillet, Hervé Jactel, directeur de recherche à l’Inrae, qui présidait les deux groupes de travail de l’Anses étudiant les alternatives à son usage en 2018 et en 2021, évoque le flonicamide, le spirotétramate, le lambda-cyhalothrine et le pirimicarbe.
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La CGB n’est pas de cet avis : « les travaux conduits depuis 2021 dans le cadre du Programme national de recherche et d’innovation (PNRI) n’ont pas encore permis de mettre au point des alternatives efficaces aux néonicotinoïdes ». Elle pointe ainsi une « impasse technique », consécutive à leur interdiction depuis 2023. Le président de l’ITB (institut technique de la betterave), Alexis Hache, précise que « le lambda-cyhalothrine et le pirimicarbe ne fonctionnent plus, les insectes étant résistants désormais ». Quant au flonicamide et le spirotétramate, ils réduisent la pression parasitaire lorsque les betteraves sont cultivées en association avec l’orge, mais « les rendements décrochent. Économiquement, ce n’est pas viable », regrette-t-il. Sachant que dans une année à grosse pression, comme c’est le cas cette année, la solution tombe à l’eau. Alexis Hache estime que « l’Inrae n’a plus de réflexion économique » dans ce dossier.