La CGB (planteurs) a jugé le 8 juillet la situation « hors de contrôle » sur le front de la jaunisse des betteraves qui met la filière « en risque ». « Je suis très inquiet pour la filière », a déclaré le président Franck Sander, vu l’« impasse totale » qui survient face à une attaque inédite de pucerons vecteurs de la jaunisse. Et d’en appeler à des mesures d’« urgence » pour remédier à l’interdiction des néonicotinoïdes depuis fin 2018. Les pertes de rendement sont chiffrées à 100 M€, allant jusqu’à dépasser les 1 000 €/ha au sud de Paris, zone la plus atteinte avec une production amputée de 30 % selon des prélèvements. À trois mois de la récolte, la CGB avance une estimation de moins de 80 t/ha à 16° S (contre 87 t/ha en moyenne quinquennale), au « plus bas depuis plus de 15 ans ». Plus du quart des betteraves françaises sont déclarées malades de la jaunisse.
Un sentiment de colère anime les betteraviers, d’après le syndicat : les phytos encore autorisés s’avèrent inefficaces, à contre-courant sociétal car utilisés en pulvérisation, générateurs de surcoûts de 80 €/ha. Ce qui pourrait se transformer en « découragement », au point de faire chuter les surfaces l’an prochain et menacer le tissu industriel, selon le DG Pierre Rayé. La CGB réclame au ministère de l’Agriculture une solution efficace de protection des betteraves, via l’enrobage des semences, pour 2021 ; une indemnisation des planteurs sinistrés ; une accélération de la recherche contre la jaunisse. Sur ce dernier point, la piste génétique semble la plus prometteuse mais cinq ans sont jugés nécessaires avant l’arrivée de variétés résistantes.
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Questionné par la presse sur une « impréparation » de la filière face au retrait des néonicotinoïdes, le syndicat réfute. Cette mesure, instaurée dans le cadre de la loi biodiversité de 2016, est « une décision politique », considère le président Franck Sander. Il souligne les efforts consentis par les agriculteurs avant l’interdiction, à savoir cultiver des plantes non mellifères après les betteraves. À ses yeux, le sujet des phytos - comme le montre cet exemple de la protection contre les pucerons - est abordé non « pas comme un problème technique ou scientifique. C’est un débat politisé. »
Le syndicat demande « en urgence » un traitement efficace pour 2021