Si la canicule a eu des effets désastreux pour certaines catégories de la population et pour les agriculteurs, pour quelques industriels elle a fait l’effet d’une manne. Un début d’été très ensoleillé puis la canicule au mois d’août ont eu des retombées positives pour les fabricants de produits rafraîchissants, aussi bien les boissons que les glaces, qui ont atteint des niveaux de consommation d’autant plus exceptionnels que les trois derniers étés maussades avaient été décevants.
Le produit qui remporte la palme est l’eau minérale. Fortement consommée en juin et juillet, elle a été littéralement prise d’assaut par les consommateurs pendant les jours de canicule. En moyenne, les ventes ont augmenté de 40 % par rapport à l’été 2002. Au mois de juin déjà, Danone et Nestlé Waters avaient évoqué de fortes croissances de leurs ventes, à la faveur d’un soleil déjà plus généreux qu’à l’accoutumée. Pour cette période, les chiffres d’Iri-Secodip font état d’une hausse des ventes d’eaux plates de 12,9 % en valeur, 22,8 % pour les eaux gazeuses, et 49,3 % pour les eaux aromatisées. Les ventes de juillet confirment cette évolution, avec 15,7 % d’augmentation pour les eaux plates, 29 % pour les eaux gazeuses et 46,2 % pour les eaux aromatisées. Les sites industriels ont dû s’adapter à cette situation exceptionnelle au moyen d’une production continue. Les chiffres d’août ne sont pas encore connus, mais il ne fait pas de doutes qu’ils confirmeront cette tendance, puisque les chaleurs atteintes ont été plus fortes encore qu’auparavant. Les eaux aromatisées, partant de volumes moins importants, ont connu un essor impressionnant. A-t-il mis à mal les sirops ? Visiblement, non : leurs ventes en valeur ont connu des taux de croissance également très forts, de 19 % en juin et 24,7 % en juillet (Iri-Secodip InfoScan).
Peu de chiffres mais des tendances haussières
Les sodas ont eux aussi vu leurs ventes s’envoler. « D’importantes hausses de consommation ont été observées aussi bien en soft drinks, qu’en thés glacés (Nestea) », se félicite Eric Laurencier, directeur adjoint à la communication de Coca-Cola, sans donner de précisions chiffrées. « En outre, la boisson Coca-Cola a bénéficié d’une conjonction très favorable entre une publicité retentissante– Chihuahua – et des chaleurs exceptionnelles. »
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A l’Association des brasseurs de France, qui ne dispose pas encore des chiffres de consommation de l’été, on estime que celui de 2003 sera mémorable. « La climatologie affecte toujours les ventes de bière, et la canicule de cet été devrait avoir un aspect positif », déclare Jacqueline Lariven, directrice de la communication de l’association. « La dernière grande année de la bière a été 1976», rappelle-t-elle.
Quant aux glaciers, leur situation prouve que « tout vient à point à qui sait attendre ». Avec la canicule, les problèmes de baisse de production rencontrés ont fondu comme glace au soleil. « En moyenne, la production a augmenté de 30 %», explique Lionel Rolland, responsable export des glaces Flippi Rolland (75 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui détiennent 10 % de parts de marché principalement sur le segment des bâtonnets. Pour faire face à la hausse de la demande, l’industriel a dû faire travailler huit lignes de production en continu, pendant tout l’été. De même, « alors qu’habituellement la production ralentit dès la mi-août, nos lignes continuent à tourner à plein à ce jour», se félicitait Lionel Rolland la semaine dernière. Les chaleurs extrêmes ont provoqué des situations extrêmes : très grande réussite pour les uns, le bilan est plus contrasté pour les autres.