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Bio : un manque de visibilité sur les marges

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Auditionnée par le Sénat, la Fnab demande de la transparence sur les marges des industriels et de la grande distribution. Les transformateurs du Synabio reconnaissent des difficultés. Ils demandent par ailleurs de fixer un seuil minimum de 20 % d’offre bio en GMS.

« On n’a pas de données qui nous permettent d’estimer, factuellement, la répartition de la marge entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs », a déclaré Stéphanie Pageot, représentante de la Fnab (producteurs bio) le 3 mars, lors d’une audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution.

« Ça fait plusieurs années qu’on pousse à ce que l’observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) donne des données plus précises et spécifiques sur l’agriculture biologique, en particulier sur des produits qui sont a priori simples : des produits bruts comme le lait, les œufs, potentiellement le steak haché. Malheureusement nous n’arrivons pas à obtenir des données. On nous dit que c’est à la fois (dû à) un manque de moyens au niveau de l’OFPM (et) à un manque de volonté des acteurs économiques qui ne donnent pas leurs chiffres », a-t-elle exposé.

La Fnab estime que, pour que les agriculteurs bio aient « une rémunération décente » et soient « en capacité de réinvestir », il faudrait qu’ils captent « au moins 20 % » de la valeur ajouté créée par la vente d’un produit alimentaire. Or, pour l’agriculture dans son ensemble, l’OFPM estime que « le maillon agricole ne capte que 10 % » de cette valeur ajoutée, affirme Stéphanie Pageot.

Agir sur la visibilité en rayons

Durant la même audition, le Synabio (transformateurs) a reconnu « plusieurs difficultés » pour « documenter précisément » les marges. « Les limites sont identifiées : l’accès aux données des distributeurs qui reste trop partiel, les équilibres matières qui sont complexes, et les mécanismes de péréquation entre catégories de familles de produits qui rendent l’analyse délicate », a estimé son président Thomas Breuzet.

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« On regrette également qu’aucune étude publique ne permette de quantifier le niveau des éventuelles surmarges. Ça me semble important d’améliorer la transparence sur ce niveau de marges pratiquées », a-t-il ajouté.

En parallèle de ce travail sur les marges, le Synabio estime qu’il faut « agir sur les règles de l’offre et de visibilité du bio » en grande distribution. « Nous proposons de fixer un minimum de 20 % d’offre bio à l’horizon 2030, ce qui serait cohérent avec la cible de consommation prévue par la Snanc », a indiqué Thomas Breuzet. Pour rappel, la Snanc pose une cible de 12 % de consommation de produits bio en valeur, et en moyenne d’ici 2030.

LM

« Nous n’arrivons pas à obtenir des données »