Le pétrolier Shell vient de suspendre les travaux de construction d’une vaste usine de biocarburants avancés aux Pays-Bas. En France, ce type de carburant vient pourtant de séduire l’industriel Olga pour sa flotte de camions.
Le géant pétrolier britannique Shell a annoncé le 2 juillet suspendre la construction d’une immense usine de biocarburants aux Pays-Bas, qui doit produire du « carburant durable d’aviation » (CDA) et du « diesel renouvelable » à partir de déchets. Shell « va suspendre temporairement les travaux de construction » sur ce site situé à Rotterdam qui doit produire à terme 820 000 tonnes de biocarburants par an, et se trouve présenté comme l’un des plus importants projets de ce type en Europe. Le groupe dit vouloir « assurer la compétitivité future » du site « compte tenu des conditions actuelles du marché ». Shell, qui n’a pas précisé combien de temps durerait cette pause, a rétropédalé ces derniers mois, comme son compatriote BP, sur certains objectifs climatiques, au grand dam des militants écologistes, mettant davantage l’accent sur le pétrole et le gaz pour doper ses bénéfices. BP avait, lui aussi, suspendu le mois dernier deux nouveaux projets de production de « CDA et diesel renouvelable ». Produits à partir d’huiles usagées, résidus de bois ou algues, les carburants durables d’aviation sont utilisables en complément du kérosène (jusqu’à 50 %) dans les avions actuels.
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Olga passe au HVO
Depuis le 1er juillet, la flotte logistique du groupe Olga (ex-Triballat Noyal) utilise pourtant ce type de carburant, et plus précisément de l’huile alimentaire recyclée (HVO), informe un communiqué du 2 juillet. Le groupe estime que le passage de 33 poids lourds et 70 véhicules légers au HVO lui permettra de réduire de près de 80 % les émissions de CO2 de sa flotte « grande distance ». « À la différence des carburants à base d’huiles végétales telles que le B100 (huile de colza), le HVO n’utilise pas de terre agricole supplémentaire pour sa production », poursuit l’entreprise. En effet, le HVO présente l’avantage d’être « obtenu par hydrogénation d’huiles alimentaires usagées » (huiles végétales et graisses animales). Jusqu’alors l’entreprise utilisait du carburant B30, un mélange de 30 % d’huile végétale et de 70 % de gazole. Légèrement plus cher, le HVO a toutefois une « fiscalité avantageuse similaire à celle du B30 » et « contrairement à ce dernier, sa disponibilité est assurée en France et en Europe ». De plus, ce carburant « ne nécessite pas de modification des moteurs ou des infrastructures », ce qui évite « des coûts de renouvellement de flotte », explique le communiqué.