La Commission européenne a ouvert, le 20 février, à la demande de l’industrie européenne du bioéthanol représentée par l’organisation ePure, une procédure de réexamen des mesures antidumping applicables aux importations de bioéthanol originaire des États-Unis du fait de l’expiration le 23 février des mesures en place depuis 2013.
L’UE impose depuis 2013 un droit antidumping définitif sur les importations de bioéthanol originaire des États-Unis et destiné à être utilisé comme carburant, fixé à 62,30 euros par tonne nette, sur la base d’une marge de dumping évaluée à 9,5 %. Ce droit antidumping a été mis en place pour protéger l’industrie européenne des producteurs de bioéthanol américains qui profitaient aux États-Unis de crédits d’impôt leur permettant de vendre leur production 15 à 20 % moins cher en Europe que dans leur propre pays.
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Les mesures antidumping européennes resteront en vigueur pendant l’enquête de la Commission qui sera conclue dans un délai de 15 mois.
« L’abrogation des mesures entraînerait la reprise des importations massives et déloyales d’éthanol en provenance des États-Unis, ce qui causerait une fois de plus un préjudice important à l’industrie communautaire », prévient ePure dans un communiqué. Surtout, précise l’organisation professionnelle, que depuis l’institution des mesures par l’UE en 2013, l’industrie américaine de l’éthanol a poursuivi son expansion, ajoutant plus de 6 milliards de litres de capacité de production. Pourtant, le marché américain de l’éthanol carburant ne s’est pas développé au même rythme, ce qui s’est traduit par une surcapacité vertigineuse, supérieure à la consommation annuelle totale d’éthanol carburant de l’UE ; le risque de dumping est donc de plus en plus grand.