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Biocarburants : il faut revoir le plafond européen à la hausse, pour ePure

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Alors que la Commission européenne se prépare à réviser une nouvelle fois sa directive sur les énergies renouvelables, le lobby européen du bioéthanol, ePure, estimant que suffisamment de garde-fous sont désormais en place, appelle à relever le plafond limitant le recours aux biocarburants dans les transports.

« Il serait judicieux de revoir à la hausse le plafond actuel des biocarburants produits à partir de cultures », estime le lobby européen du bioéthanol ePure dans sa réponse, du 14 janvier, à la consultation publique ouverte par la Commission européenne sur ce dossier (1). Celle-ci, dans le cadre de sa feuille de route « Green Deal » pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, est en train, notamment, de réfléchir à une nouvelle révision de la directive sur les énergies renouvelables. Pour ePure, la directive Énergies renouvelables actuellement en place « oppose les énergies renouvelables les unes aux autres, au lieu d’essayer de remplacer autant que possible les combustibles fossiles ». Cela à cause, selon l’organisation professionnelle, de la directive sur le changement indirect d’affectation des sols (ILUC), qui empêche une plus grande incorporation des énergies renouvelables dans les transports. Or, ePure estime que la mise en place de critères de durabilité limitant le recours aux biocarburants les plus émetteurs de gaz à effet de serre – l’huile de palme en particulier (2) – permet maintenant de pleinement éviter l’utilisation de biocarburants à haut risque d’ILUC. Un plafond sur les biocarburants issus de cultures n’est donc plus nécessaire, car il « entrave simplement une plus grande incorporation des énergies renouvelables dans les transports en pénalisant certains biocarburants très performants sur le plan environnemental, comme l’éthanol renouvelable européen ». ePure considère donc que l’objectif d’au moins 14 % d’énergies renouvelables dans les transports d’ici 2030 n’est plus suffisant pour atteindre les ambitions fixées dans le Green Deal.

La question de l’utilisation des sols

Dans plusieurs rapports publiés en décembre 2020 et janvier 2021, l’Agence européenne pour l’environnement constate en effet que le développement des énergies renouvelables a été bénéfique. L’augmentation de leur utilisation a notamment permis de réduire la demande annuelle de combustibles fossiles de plus de 13 % en 2018, ce qui a entraîné une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 11 % dans l’ensemble de l’UE cette année-là. Des effets bénéfiques sont également observés sur l’environnement (pollution de l’air et de l’eau…). Par contre, il existe « des inquiétudes » concernant l’occupation des terres. « Les énergies issues de la biomasse nécessitant moins de terres, comme les biocarburants de troisième génération, pourraient réduire considérablement la forte intensité d’utilisation des terres associée aux chaînes d’approvisionnement actuelles », souligne donc le rapport.

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(1) Voir n° 3765 du 0911/2020

(2) Voir même numéro