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Biocarburants : la production pour l’aviation va tripler mais restera insuffisante

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La production des carburants d’aviation durables (SAF) devrait tripler en 2024, selon la principale association du secteur du transport aérien. Mais les prévisions restent loin des objectifs fixés pour 2030.

La production de carburant d’aviation durable (SAF) devrait tripler en 2024 par rapport à l’année dernière, annonce l’Association internationale du transport aérien (Iata) le 2 juin lors d’un sommet de ses membres à Dubaï. La production de ces biocarburants destinés à l’aviation devrait atteindre 1,9 milliard de litres pour 2024. Ces SAF couvrent les combustibles produits à partir de plantes, huiles usagées, bois, déchets ou d’hydrogène. Pour l’association, « accélérer l’utilisation d’autres filières et matières premières certifiées » comme les résidus agricoles « augmentera considérablement le potentiel de production » des SAF. Malgré ce triplement, ces volumes prévisionnels ne représenteraient que 0,53 % des besoins mondiaux en carburant aérien de l’année, selon les calculs de l’Iata. L’aviation, contribuant à 3 % des émissions mondiales de CO2, mise sur ces SAF pour respecter son engagement de zéro émission nette au milieu du siècle. Pour tenir parole, l’Iata projette donc que le secteur devra reposer à 65 % sur ces biocarburants en 2050, soit un volume total de 450 milliards de litres de SAF.

Un accord gouvernemental « extrêmement ambitieux »

En novembre 2023, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a adopté un accord visant à réduire de 5 % des émissions de CO2 de l’aviation d’ici à 2030 grâce à ces carburants durables. En réponse, lors du sommet le 4 juin, le directeur général de l’Iata Willie Walsh a jugé « extrêmement ambitieux » cet objectif de réduction. Il a tenu à rappeler qu’« il s’agit d’un objectif gouvernemental » et que, dans ce sens, il attend des gouvernements « des mesures concrètes pour faciliter la montée en puissance exponentielle des SAF qu’ils réclament ». Willie Walsh a expliqué que la disponibilité de ces carburants « n’augmentera pas de façon linéaire » d’ici à 2050, et sera « exponentielle une fois que tous ces nouveaux projets (de production) auront abouti ».

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Outre-Atlantique, la production actuelle de ces carburants est fortement subventionnée par le plan de relance IRA du président Joe Biden. Au niveau européen, le règlement « ReFuel EU Aviation » adopté en octobre 2023 obligera les fournisseurs de carburant d’aviation à intégrer dès 2025 une part minimale de SAF dans les aéroports de l’Union. D’abord à 2 % de SAF, ce seuil minimum augmentera progressivement jusqu’à atteindre 70 % en 2050. Dans ce cadre, la France souhaite développer une filière nationale de carburant d’aviation durable capable de produire 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030. L’État propose jusqu’à 200 M€ pour soutenir les projets français de production industrielle de carburants d’aviation durables. Cet appel à projets du plan France 2030 est ouvert jusqu’au 28 juin 2024.