Dans un rapport rendu public le 20 octobre par le CGAAER (ministère de l’Agriculture), trois hauts fonctionnaires dressent le bilan du développement de l’algoculture (culture d’algues) en France, constatant notamment que la production de biocarburants à partir de micro-algues « ne devrait pas se développer à court terme ». Les auteurs rappellent que la France est « un gros importateur d’algues, en provenance essentiellement de Norvège et du Chili. » Et que la demande d’algues « s’accroît », notamment « en macro-algues, d’origine locale et certifiées AB », que l’offre française ne parvient pas à satisfaire.
Le rapport distingue trois filières d’algoculture en France : les macro-algues (75 000 tonnes), « généralement cultivées en pleine mer, destinées principalement à l’alimentation humaine » – seules treize entreprises françaises cultivent des macro-algues, dont neuf sont spécialisées, d’après le dernier recensement agricole ; les spirulines, « produites en bassins ouverts à terre » (177 producteurs en France) ; et les micro-algues, « produites en photobioréacteurs, destinées à la production de molécules à haute valeur ajoutée (biostimulants pour l’agriculture, cosmétique, nutraceutique, énergie…) ».
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Pour les micro-algues, les applications qui devraient arriver à maturité le plus rapidement sont « les biostimulants et biopesticides, les compléments alimentaires animaux et humains, la cosmétique, estiment les auteurs. Celles relatives à la dépollution et à la production de biomatériaux devraient suivre. » Pour les biocarburants, ils estiment que « le prix de revient n’est pas compétitif comparé à celui des carburants fossiles, même dans des projets où la croissance des algues est dopée par l’injection de CO2 récupéré sur des sites industriels ». Et ce « malgré les investissements en recherche et développement réalisés au début des années 2010 ».