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Bioceanor met le cap sur l’international

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L’analyse des nombreuses données recueillies sur les fermes aquacoles permet d’anticiper la qualité de l’eau. Crédits : © Tapani Hellman/Pixabay

Le spécialiste de la prédiction de la qualité de l’eau en aquaculture vient de lever 2 millions d’euros pour accélérer le déploiement de ses solutions de prédiction de la qualité de l'eau à l’international. 

Bioceanor, qui a commencé en 2018 en proposant des stations météo sous-marines, se consacre désormais entièrement à la prédiction de la qualité de l’eau grâce à l’analyse des données déjà collectées par les aquaculteurs équipés. « Nous sommes capables de prévoir la qualité de l'eau sur certains paramètres clés, comme l'oxygène dissous, la température et les efflorescences algales », explique son cofondateur et Pdg Samuel Dupont. Grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle alimentés aussi par les données météo ou satellitaires, la plateforme de Bioceanor AquaREAL, est « capable de prédire ces paramètres 48h à l’avance, afin d’accompagner nos clients vers la prise de décision ». 

Lire aussi : BiOceanor lève 2 M€ pour ses solutions de prédiction de la qualité de l’eau en aquaculture

La start-up basée à Sophia Antipolis vient de lever 2 millions d’euros, à l'occasion de son troisième tour de table depuis 2020, pour poursuivre la digitalisation de la filière aquacole. Ce financement de série A a été mené par l’investisseur français Go Capital, par le biais de son fonds spécialisé dans l’économie bleue Impact Océan Capital. Les investisseurs historiques The Yield Lab Europe et CAZ 2i, filiale dédiée au capital-risque de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, ont aussi participé. La start-up a ainsi levé un total de 6,1 millions d’euros depuis son lancement par Charlotte et Samuel Dupont, deux post-doctorants de l’Ifremer. 

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Un développement international accéléré

La promesse de Bioceanor d’anticiper les risques grâce à sa technologie innovante trouve aussi un écho à l’international, dans des marchés aquacoles matures comme la Norvège et le Chilli, à la pointe de l’élevage du saumon. L’entreprise française y a renforcé sa présence ces 18 derniers mois en travaillant pour « les plus grands groupes industriels de production de saumon », assure son communiqué du 24 février 2025. « Nous cherchons maintenant à conquérir d'autres pays avec un fort potentiel aquacole, comme le Canada, l'Écosse et l'Australie », glisse Samuel Dupont. Il assure avoir doublé le chiffre d’affaires de la société en 2024, et espère faire de même en 2025. Pour faire face à l'activité, les effectifs de Bioceanor, qui compte aujourd’hui 20 personnes, vont croître. « D’ici la fin de l’année, nous devrions avoir cinq salariés supplémentaires et peut-être autant en 2026 », espère le dirigeant. Bien que surtout présent sur le marché de l’élevage de saumon, Bioceanor travaille aussi sur d’autres marchés aquacoles, comme la pisciculture marine en Méditerranée, la conchyliculture, mais aussi la pénéiculture et l’algoculture. 

Lire aussi : Bioceanor veut élargir son champ de prédictions de la qualité de l'eau 

A terme, Bioceanor prévoit de développer ses activités de prévision de la qualité de l’eau en dehors du secteur aquacole. « Aujourd’hui, l’aquaculture représente presque 90% de notre activité et de notre chiffre d'affaires », souligne Samuel Dupont. « Cette levée de fonds nous permet d’accélérer la diversification de notre activité. Nous sommes en train de développer une nouvelle offre sur la partie rejets industriels, notamment pour les entreprises qui gèrent les stations d’épuration, afin de les aider à mieux piloter les rejets d’eau dans les milieux aquatiques. » Le cofondateur entrevoit une prochaine levée de fonds en 2026, « afin de financer le développement de nos nouvelles activités ».