Malgré la pression sociétale pour réduire l’usage des pesticides traditionnels, et le développement de résistances, De Sangosse s'agace de la « sous-exploitation » des produits de biocontrôle.
En conférence de presse le 28 mars, le spécialiste des biosolutions De Sangosse a annoncé que 8 % des hectares cultivés en France avait été traités avec des produits de biocontrôle (à l’exception du cuivre) en 2023. En tout, le marché national couvre une superficie de traitement de 72 millions d’hectares (Mha) pour une valeur totale de 160 millions d’euros (M€), dominé à 72 % par la viticulture et à 13 % par l’arboriculture. Si le secteur des céréales à paille a connu « une légère hausse » ces dernières années, il ne représente que 6 % des parts de marché en 2023.
« Nous aurions aimé que la dynamique soit plus rapide, les outils sont là et sont aujourd’hui sous-exploités », estime Aurélie Morin, directrice activité biocontrôle. Et de pointer notamment du doigt un marché des fongicides blés, particulièrement « conservateur ». Selon les données d’une étude de marché du biocontrôle réalisée par De Sangosse en 2023, les fongicides de biocontrôle représentent « à peine plus de 5 % des hectares de fongicides blé que les programmes fongicides céréales [aient] assez peu évolué dans leur construction au fil du temps ».
Résistances aux fongicides conventionnels
« Il est stupéfiant d’observer que les programmes fongicides ont assez peu évolué dans leur construction au fil du temps », estime Marie Aubelé, chef de marché grandes cultures chez de Sangosse. Et ce alors même que « les souches résistantes au triazole (un fongicide Ndlr) sont largement majoritaires en France », et qu’il existe « une pression réelle pour réduire le recours aux produits phytosanitaires conventionnels ».
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Parmi les causes évoquées pour expliquer cette « sous-exploitation » figure notamment des « a priori » à l’égard des produits de biocontrôle, qui tendent toutefois à disparaître. En outre, l’entreprise estime que les prescripteurs (distributeurs, instituts techniques…) « pourraient aller plus loin » en matière de méthodes d’évaluation des produits. Citant notamment les instituts, De Sangosse précise que ces derniers effectuent des « crash test produits », là où il conviendrait d’aller en plus vers des « phases intégratives » ; c’est-à-dire en lien plus étroit avec la pratique agricole telle qu’elle se pratique actuellement, à l’échelle d’une exploitation.
L’entreprise reste néanmoins optimiste, et entrevoit dans les produits fongicides pour céréales « un énorme potentiel », avec notamment « la disparition attendue de molécules majeures dans le marché ». Elle envisage ainsi d’accélérer leur développement et espère atteindre les 15 à 20 % d’hectares développés d’ici 2025, arguant que ses biosolutions « ont fait leurs preuves aux champs ».