InVivo, qui veut devenir leader européen, voire mondial, dans le biocontrôle d'ici à 2025, se focalise sur les grandes cultures et la vigne. Le groupe a présenté les résultats d'une expérimentation à grande échelle, mettant en lumière les freins et motivations à l'emploi de tels produits.
« On travaille sur de nouveaux trichogrammes, contre la tordeuse de la vigne, et à destination de l'Europe de l'Est, contre la pyrale et d'autres ravageurs du maïs, de même que pour l'Amérique latine, en ce qui concerne le soja », a indiqué le directeur R&D Antoine Bonhomme, le 26 février au SIA. Des produits au lancement « à brève échéance », qu'InVivo souhaite compléter avec ceux d'entreprises partenaires, sa marque Biotop devant servir d'ombrelle. Il est notamment question de biostimulants pour colza, maïs, tournesol, prévus en 2016.
« Notre développement doit s'accélérer par croissance externe, via l'acquisition de sociétés, de nouvelles technologies », a-t-il ajouté. InVivo entend par ailleurs capitaliser sur les synergies internes du groupe. Le réseau d'experts des coopératives doit permettre le déploiement des produits, la formation des conseillers. Autre idée, le resserrement des liens entre solutions de biocontrôle et outils d'aide à la décision.
Une offre insuffisamment développée
« Peu de produits de biocontrôle existent en grandes cultures », a rappelé Emmanuelle Soubeyran, de la DGAL, avant une présentation des résultats de l'expérimentation B-Motived (1) dans 56 coopératives. Ce dernier projet, issu d'un appel à manifestation d'intérêt, en appelle d'autres pour des filières différentes, peut-être en arboriculture ou viticulture « dans les mois qui viennent », selon elle. « L'objectif est de faciliter un développement de l'appropriation, de la distribution des produits de biocontrôle », a expliqué Emmanuelle Soubeyran, se disant « convaincue qu'il s'agit d'un levier important pour réduire la dépendance aux phytos de synthèse ».
L'analyse des résultats de B-Motived fait ressortir que 75 % des agriculteurs et 89 % des conseillers sont intéressés par les produits de biocontrôle en grandes cultures pour leur bon profil environnemental et sanitaire. Une moindre motivation est constatée chez ceux approchant de la retraite et les exploitants qui dépassent 300 ha. Les producteurs en grandes cultures sont plus utilisateurs de telles solutions que leurs confrères en polyculture élevage. La première motivation à l'emploi d'un produit de biocontrôle est la recommandation des conseillers (20,7 % des réponses). Ceux-ci les mettent d'autant plus en avant qu'ils sont rassurés quant à leurs performances techniques (même pourcentage). L'intérêt pour la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires chimiques est aussi souligné, montrant l'engagement des professionnels dans la dynamique Ecophyto.
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Le premier frein cité par les agriculteurs et les conseillers non utilisateurs est l'inadaptation des solutions de biocontrôle aux problématiques de terrain (respectivement 29,8 % et 15 %). De plus, une méconnaissance des produits est constatée chez les agriculteurs (21,6 %).
L'intérêt de combiner les solutions
InVivo met en perspective ces enseignements avec l'observation des pratiques chez les agriculteurs en FERMEcophyto, où l'emploi des produits de biocontrôle demeure faible. En tête, les trichogrammes sont utilisés par seulement 14 % des maïsiculteurs du réseau. « L'usage des produits de biocontrôle ne permet pas une réduction systématique du niveau de l'IFT (Indice de fréquence de traitement, ndlr) ou une réelle amélioration des indicateurs de performance environnementale à l'échelle de l'exploitation », a souligné Meryll Pasquet, d'InVivo AgroSolutions. D'après elle, c'est un raisonnement global de l'exploitation qui permet aux agriculteurs en FERMEcophyto d'obtenir un IFT inférieur de 20 % à la référence.
« Pour produire plus et mieux, les agriculteurs doivent combiner produits de biocontrôle, outils d'estimation du niveau de risque, pratiques culturales visant à réduire la pression en bioagresseurs et l'utilisation raisonnée de produits phytosanitaires chimiques », juge-t-on chez InVivo.
(1) Biocontrôle – Mobilisation du réseau des coopératives pour l'expérimentation et la diffusion